Pourquoi les boissons sans alcool coûtent aussi (voir plus) cher que leur équivalent alcoolisé?

Pourquoi les boissons sans alcool coûtent aussi (voir plus) cher que leur équivalent alcoolisé?
Ph. Unsplash

De l’eau ou un jus. Voilà ce à quoi on avait droit jadis lorsque l’on ne voulait/pouvait pas boire d’alcool au moment de trinquer. Désormais, la préférence pour les boissons sans alcool est décomplexée à l’heure de l’apéritif.

Cette nouvelle tendance de consommation a explosé sous l’effet de l’opération « Dry January » (consistant à marquer une pause dans sa consommation d’alcool durant un mois). Elle rencontre notamment un fort succès auprès de la Gen Z, les 16-25 ans étant moins enclins à boire de l’alcool.

Ainsi, voilà plusieurs années que la gamme des apéritifs sans alcool, qui reproduisent la palette aromatique des spiritueux, ne cesse de s’élargir. On constate aussi que les bières et vins sans alcool prennent de plus en plus de place dans les rayons des supermarchés. Mais d’aucuns s’étonnent du prix affiché sur les étiquettes.

En effet, ces boissons 0% s’écoulent le plus souvent au même prix, voire même plus cher, que les spiritueux, bières et vins classiques. Or en Belgique, plus une boisson est alcoolisée, plus le montant des accises est élevé. Dès lors, comment expliquer un tarif équivalent pour une boisson avec et sans alcool ?

Trois facteurs expliquent ce paradoxe, relève l’Atelier ForGeorges, expert en spiritueux.

1. La conception

Tout d’abord, la version sans alcool d’une boisson est un nouveau produit. Cela implique que « créer un spiritueux sans alcool prend du temps en recherche et développement (on parle de plusieurs années) », note le spécialiste. Un développement qu’il faut bien entendu rémunérer, et qui ne se rentabilise pas avant un long moment.

2. La fabrication

Ensuite, même si cela peut sembler étonnant, une boisson non alcoolisée est « un produit coûteux à fabriquer ». « Même si l’eau est moins chère que l’alcool, elle est néanmoins moins efficace pour extraire et transporter les saveurs. L’éthanol est un solvant exceptionnellement efficace pour capturer les composés aromatiques (en extraction et en rétention) », explique ForGeorges. « D’ailleurs, de nombreuses marques de spiritueux sans alcool l’utilisent à un moment donné du processus de fabrication, avant de désalcooliser. »

Notons aussi que les dérivés 0 % nécessitent davantage d’ingrédients (plantes et autres essences naturelles) « pour remplacer la force et l’impact de l’alcool ».

3. La logistique

Enfin, les boissons non-alcoolisées sont plus exigeantes en matière de chaîne logistique. « L’alcool a des vertus désinfectantes, mais l’eau en est dépourvue », rappelle l’expert. Ainsi, pour éviter que des microbes ne se développent dans les spiritueux sans alcool, il faut procéder à un processus d’assainissement beaucoup plus important.

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