Boulevard des Airs revient sur son parcours avec émotion: «On a créé un lien fort avec la Belgique»

Boulevard des Airs revient sur son parcours avec émotion: «On a créé un lien fort avec la Belgique»
Ph. Cédric Not

Comment est né ce projet original ?

Florent Dasque : « En mars 2020, on était en pleine tournée des Zéniths quand la nouvelle nous est tombée dessus et qu’on a dû se mettre à l’isolement. C’était inimaginable pour nous et on a digéré cela en créant cet album. Il est fait de 12 duos de reprises qui nous ont permis de partager de chouettes moments avec des amis et de 12 titres originaux qui retracent notre parcours et qui sont plus intimistes. C’est avant tout un album pour faire plaisir et qui nous a fait du bien, on s’en moque un petit peu des chiffres qu’il génère. »

On retrouve des artistes de tous les horizons comme Yannick Noah, Vianney ou Patrick Bruel. Comment les avez-vous sélectionnés ?

Par affinités. Étant donné que cet album raconte notre histoire, il était normal que l’on s’entoure de personnes dont on se sent proches et qui nous ressemblent. Ils ont tous marqué l’histoire du groupe. On voulait aussi faire découvrir de nouveaux artistes à notre public. On a demandé aux artistes quels titres ils voulaient partager avec nous, sans que cela soit spécialement les plus connus, avec des mélanges de styles originaux. Par exemple « Bruxelles », que l’on a déjà revisité à toutes les sauces, on l’a partagé avec Lunis, qui est un duo un peu plus électro…

En parlant de ce titre, il n’était à l’origine par écrit pour rendre hommage à Bruxelles, mais il a pris une dimension toute particulière chez nous, suite aux attentats de 2015. Comment l’avez-vous vécu ?

« Les chansons nous échappent. Lorsque l’on a écrit « Bruxelles », c’était simplement parce qu’un des protagonistes de la chanson s’y rend. En plus de cela, on a décidé d’appeler l’album de la sorte parce qu’on trouvait que ça sonnait bien. Et ensuite, l’album suivant a été enregistré à Bruxelles, donc la vie nous a rapprochés de cette ville. La chanson a effectivement pris encore plus d’ampleur suite aux attentats et à chaque fois qu’on est venus jouer ici c’était des moments très forts. Ce titre nous a permis de créer un lien fort avec la Belgique et je trouve que c’est joli de voir le nombre de vies qu’a eu la chanson. »

On a jamais entendu une telle liberté de ton sur un de vos albums, notamment via l’utilisation du parler. Est-ce que c’était pour apporter de l’authenticité étant donné que vous racontiez votre histoire ?

« On s’est toujours accordé une liberté artistique totale. Comme cet album est fait de beaucoup d’histoires, on a privilégié la forme de dialogue la plus directe possible, à savoir le parler. Ce sont aussi parfois des lettres de fans ou des discours. On a l’impression de moins déformer ces histoires en ne les chantant pas. »

Vous vous êtes lancés en 2004 et avez pris votre temps avant d’éclore. Est-ce que vous avez peur que tout cela s’arrête un jour ?

« Bien sûr et c’est ça qui rend l’aventure magique. On se rend compte de la chance qu’on a et du caractère éphémère d’une carrière. Ça nous permet de garder les pieds sur terre et de profiter de ce qu’on a, en continuant de travailler dur, tant que l’envie est là. »

Si vous en aviez le pouvoir, que changeriez-vous à ce parcours ?

« Pas grand-chose. À chacune des étapes d’un projet, j’ai eu envie de tout changer parce que je suis quelqu’un de perfectionniste, râleur, qui pense que les choses ne vont jamais assez vite. Mais je me rends compte que toutes ces étapes que l’on a pris du temps à franchir, elles nous ont permis d’acquérir une certaine maturité, sans se brûler les ailes. C’est un des secrets de la longévité du groupe.

Dans le dernier titre de l’album, on ressent toute votre émotion au moment de jeter un regard sur toute cette aventure. Est-ce que montrer ça au public, c’est une façon de lui dire « Merci » ?

« Clairement. C’est sûr que certaines paroles de cet album sont des remerciements clairs au public grâce à qui on est là aujourd’hui. On aurait déjà arrêté si le public ne venait pas nous voir en salle. Maintenant on a envie de se projeter sur les concerts parce que c’est pour ça que le groupe est né il y a toutes ces années. Peu importe la forme, nous voulons retrouver notre public. »

En quelques lignes

Dans ce double opus qui a une place particulière dans la discographie du groupe, on retrouve beaucoup de sincérité et d’amour pour les fans et pour la musique. Boulevard des Airs se permet de livrer un album à part, sans prétention et qu’ils avaient simplement envie de partager. Entre souvenirs évoqués et moments de complicité avec d’autres artistes sur des titres du groupe, l’auditeur effectue un voyage dans le temps

3/5