SpaceX va envoyer la première usine dans l’espace

AFP /C. Khanna
AFP /C. Khanna

Une usine industrielle dans l’espace ? Le projet de Varda Space peut sembler farfelu – il ne manque pas de place sur terre pour concevoir des usines –, pour autant il pourrait bien faire avancer des industries présentes sur terre. L’intérêt pour Varda serait d’utiliser la micropesanteur pour fabriquer de nouveaux matériaux ou développer les recherches de la station spatiale internationale sur certains produits spécifiques. Selon TechCrunch, on pourrait par exemple fabriquer des organes bio-imprimés ou des semi-conducteurs même si pour le moment rien n’a été révélé puisqu’aucun contrat avec un client n’a été signé.

Pour pouvoir effectuer le voyage, Varda Space a besoin de trouver des partenaires pour effectuer le trajet jusqu’à l’orbite terrestre basse. Et c’est là que SpaceX entre en jeu. Cette dernière propose aux entreprises souhaitant envoyer des objets dans l’espace de profiter d’un de ses vols planifiés pour le faire. En gros, les deux entreprises font ensemble le voyage jusqu’à l’espace. Arrivées à destination, elles se séparent et s’affairent chacune de leur côté. Une sorte de « covoiturage spatial » en somme. Un peu différent tout de même de votre voyage dominical entre Angers et Paris…

Varda Space a annoncé vouloir transporter son usine sur un Falcon 9, propriété de SpaceX, pour le début de l’année 2023. Les nouvelles fusées de SpaceX transporteront les fournitures nécessaires à l’implantation de l’usine dans l’espace.

Si les sociétés n’ont divulgué aucun terme du contrat, on sait que l’engin passera environ trois mois en orbite pour tester ces nouvelles technologies de fabrication.

Attention à l’atterrissage

Une autre option de lancement a tout de même été étudiée avec les fusées « Electron » de Rocket Lab. Mais Varda Space ne voulait pas mettre tous ses œufs dans le même panier, car l’entreprise néo-zélandaise s’occupera du vaisseau spatial pour accueillir les fournitures ainsi que la capsule pour rentrer sur Terre. Une capsule extrêmement importante puisque la rentrée de l’atmosphère s’effectue à Mach 28 et les matériaux ne doivent pas se briser à l’atterrissage.

En réalité, le moment le plus complexe de la fabrication à la récupération reste ce moment de rentrée dans l’atmosphère. Mach 28 représente 28 fois la vitesse du son (1 224 km/h). Rappelez-vous ces films de science-fiction dans lesquels on aperçoit le retour sur terre d’une capsule. Maintenant, imaginez-vous transporter des matériaux sensibles dans cet environnement rempli d’incertitudes tout en encaissant une multitude d’impacts extérieurs. Ce sera sans doute l’un des moments critiques de la mission.

À la différence des autres engins spatiaux spécialisés dans la communication ou encore l’imagerie, Varda Space et son usine spatiale ne nécessitent pas d’une orbite spécifique pour la mission. Il lui suffit de pouvoir rester en orbite terrestre basse. Les leçons apprises lors de ce premier vol pourront permettre d’en effectuer d’autres. Varda Space espère pouvoir en lancer un deuxième voire un troisième vers la fin de l’année 2024.

Une date encore lointaine qui laisse l’opportunité à d’autres projets de voir le jour. On sait par exemple que l’Union européenne planche sur ce sujet avec le projet « PERIOD » qui souhaite développer une usine orbitale. Il se concentrera sur l’assemblage et la fabrication de satellites directement depuis l’espace en partenariat avec Airbus. En tout cas, ces projets ambitieux nous laissent entrevoir des perspectives nouvelles pour industriels et entrepreneur de tout bord.