Le gouvernement va serrer la vis dès aujourd’hui… mais pas assez, regrettent certains

Le gouvernement va serrer la vis dès aujourd’hui… mais pas assez, regrettent certains
Belga

À l’issue d’un comité de concertation de ce vendredi, plusieurs nouvelles mesures ont été prises. Certaines entreront en vigueur dès aujourd’hui. L’enseignement est notamment visé à l’heure où le « moteur » des contaminations paraît surtout tourner chez les plus jeunes. Tout le monde ne semble toutefois pas satisfait. Le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke, a jugé le compromis atteint « décevant ».

« Trop de gens ne reçoivent pas les soins nécessaires dans les hôpitaux »

« Nous traversons des semaines difficiles », a souligné le Premier ministre, Alexander De Croo. « Dans les moments de crise, on doit pouvoir s’adapter. Nous devrons êtres particulièrement prudents dans nos contacts.(…) Nous sommes bien conscients que ce n’est pas un message positif, mais on voit que trop de gens ne reçoivent pas les soins nécessaires dans les hôpitaux ». La pression, particulièrement dans les soins intensifs, a dépassé le « seuil de pénibilité », selon M. Vandenbroucke pour qui, même si les contaminations ont atteint leur pic, on ne peut plus « prolonger la souffrance dans les hôpitaux ».

L’enseignement visé

Là où le port du masque est déjà obligatoire, l’âge descend à 6 ans. Les congés de fin d’année commenceront une semaine plus tôt, soit le 20 décembre, dans l’enseignement maternel et primaire. L’enseignement secondaire sera organisé sous forme hybride jusqu’aux examens. Les écoles devront utiliser un appareil de mesure du CO2 dans chaque local où se réunissent de nombreuses personnes et, dès que deux enfants seront contaminés dans une classe, celle-ci sera fermée. Les élèves devront porter le masque à partir de 6 ans. Les activités parascolaires sont interdites.

Des mesures qui entreront en vigueur dès aujourd’hui

À partir de samedi, les événements à l’intérieur de plus de 4.000 personnes ne peuvent plus avoir lieu.

Et à partir de lundi, les activités et regroupements privés en intérieur sont interdits à l’exception du sport, des regroupements dans un domicile privé ou un logement touristique de faible capacité, des mariages et funérailles. Les événements, représentations culturelles et congrès à l’intérieur sont autorisés, sous certaines conditions, dont un maximum de 200 personnes, portant le masque, assises et disposant d’un CST dès qu’elles sont au moins 50.

Les mesures dans l’Horeca restent d’application sans changement, de même que l’obligation de télétravail. La bulle sociale n’a pas fait son retour mais un appel est lancé à limiter au maximum les contacts sociaux et de se voir de préférence à l’extérieur. Les utilisations des autotests est recommandée.

« C’est un résultat un peu décevant mais c’est un compromis »

Le comité de concertation tenait sa troisième réunion consacrée à la situation sanitaire en trois semaines. À chaque fois, il apparaît que le dispositif convenu est insuffisant pour contenir l’évolution des contaminations et des hospitalisations. La séance du jour a été réclamée par la Communauté flamande. Les experts qui conseillent les autorités avaient recommandé des mesures plus strictes. À bonne source l’on indiquait pourtant que tant la Flandre, où les contaminations dans l’enseignement fondamental s’emballent, que la Fédération Wallonie-Bruxelles se sont montrées réticentes à des mesures plus sévères.

« C’est un résultat un peu décevant mais c’est un compromis et il faut l’exécuter de manière rigoureuse », a expliqué M. Vandenbroucke. Le ministre-président francophone, Pierre-Yves Jeholet, a insisté sur l’« équilibre à trouver » dans un contexte de « ras-le-bol » des citoyens. « Ce genre de mesures repose toujours sur un équilibre. Il faut prendre garde à ne pas pousser les gens dans l’isolement à un moment de l’année où cela est difficile », a fait remarquer M. De Croo.

Le ministre de la Santé a insisté sur l’importance de la vaccination de tous, y compris des plus jeunes. « Là où le moteur tourne, il faut l’arrêter. Et c’est chez les jeunes enfants. Ce n’est pas de leur faute, ce n’est pas la faute de l’école ou des mouvements de jeunesse, c’est parce qu’ils ne sont pas vaccinés », a-t-il dit.

Un nouveau comité de concertation déjà prévu

Des avis sont encore attendus sur ce point mais un accord a déjà été conclu avec Pfizer pour la livraison de 336.000 doses de vaccin pédiatrique avant la fin décembre et 400.000 doses pour le mois de janvier.

Un nouveau comité de concertation sera organisé durant la semaine du 20 décembre. Lundi, le gouvernement fédéral se réunira en comité restreint pour décider des mesures de soutien aux secteurs concernés.