C’est quoi exactement cet indice de réparabilité, bientôt obligatoire pour allonger la vie de nos électros?

C’est quoi exactement cet indice de réparabilité, bientôt obligatoire pour allonger la vie de nos électros?
Ph. Unsplash

La ministre de l’Environnement, Zakia Khattabi (Ecolo), a rédigé un avant-projet de loi qui obligera, à l’horizon 2023, tout vendeur à afficher un indice de réparabilité pour certains appareils électroniques.

« Le consommateur doit pouvoir acheter en connaissance de cause pour orienter la consommation et la production vers des produits plus durables », défend la ministre. Intervenant mardi matin sur le plateau de LN24, elle précise que « 160 millions d’appareils électriques et électroniques font leur entrée sur le marché belge annuellement », qui génèrent « 120.000 tonnes de déchets ».

Quels produits visés ?

Cet indice de réparabilité concernera toute une série de produits électroniques destinés aux particuliers : les lave-linge, lave-vaisselle, aspirateurs et nettoyeurs haute pression pour le côté domestique.

Smartphones, ordinateurs, tablettes et téléviseurs sont également visés par ce projet de loi.

Enfin, les vélos électriques ainsi que les tondeuses se verront eux aussi appliquer un indice de réparabilité.

Comment ça fonctionne ?

Concrètement, notre indice de réparabilité s’inspirera du modèle français. Les vendeurs seront tenus d’afficher un score indiquant le niveau de difficulté pour réparer un électro si celui-ci venait à tomber en panne.

Pour chaque type d’appareil, une grille complexe de critères (au nombre de 120, précise la ministre) a été établie pour donner ce score au produit. Les plus importants sont l’information technique fournie avec l’appareil, la disponibilité et le prix des pièces de rechange ou encore sa « démontabilité ».

Pour le matériel téléphonique et informatique, un projet de loi distinct prévoit l’obligation d’informer l’acheteur sur la durée de compatibilité des logiciels. La liste des biens de consommation visés pourra être adaptée par arrêté royal.

Quels objectifs ?

S’inscrivant dans la lutte contre l’obsolescence programmée, cette dynamique est d’autant plus importante que « nous sommes confrontés à la raréfaction des matières premières et que nos modes de production et de consommation sont générateurs d’émission de CO2 », appuie Zakia Khattabi. Les filières de réparation sont par ailleurs créatrices d’emplois non délocalisables, ajoute-t-elle.

« J’espère que le texte passera d’ici fin de l’année au gouvernement », ajoute la ministre en matinée sur LN24. La France ayant elle-même introduit un tel score, la charge administrative devrait être « largement diminuée » pour de nombreux producteurs qui vendent chez nos voisins, indique-t-elle.