Les écoles de devoirs contre les inégalités

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Ph. Pexels

Tous les enfants ne sont pas égaux à l’heure de faire leurs devoirs : les uns peuvent compter sur des parents disponibles et capable de leurs expliquer ce qu’ils n’ont pas compris, les autres doivent se débrouiller par eux-mêmes. Les écoles de devoir viennent en aide à ces derniers, pour réduire l’effet de cette discrimination.

Elles fonctionnent tous les jours, après l’école, et pour certaines pendant les vacances scolaires. Les écoles de devoirs, lentement mais sûrement, apportent leur pierre à l’éducation des enfants de Belgique.

«Nous accueillons beaucoup d’enfants d’origine étrangère», explique Christian Dengis, de la fédération francophone des écoles de devoirs. «Ce sont des enfants qui ne sont pas beaucoup aidés chez eux, parce que leurs parents maîtrisent mal le français, par exemple. Ou bien des enfants qui ne disposent pas de l’espace, ou du matériel requis, comme un ordinateur ou une connexion internet, pour faire correctement leurs devoirs.» En semaine, une bonne partie du temps d’accueil est donc consacrée aux devoirs donnés par les enseignants, avec l’idée que cette aide rétablisse un peu d’égalité entre des enfants de différents milieux sociaux.

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Des activités d’ouverture

Mais bien d’autres activités sont organisées. «Nous ne voulons pas nous substituer à l’école», précise Christian Dengis. L’idée est plutôt d’être complémentaire, notamment pour mieux aider des enfants parfois en difficulté avec le monde scolaire. Les enfants peuvent, par exemple, lire des magazines jeunesses. «Ainsi, quelqu’un qui a des difficultés à lire va voir comment la lecture peut lui apporter un moment agréable. Ce que nous faisons, c’est donner du sens à l’apprentissage, susciter l’envie», souligne-t-il. Ensuite, charge à l’enseignant, qui est formé pour, de transmettre ses connaissances.

 

En périodes extrascolaires, les écoles de devoir proposent diverses sorties: cinéma, parc d’attractions, camps de vacances, visites de musées… Ici encore, l’objectif est d’élargir l’horizon des enfants. Le décret régissant les écoles de devoirs stipule qu’elles doivent promouvoir le développement intellectuel, l’accès à la culture, l’émancipation sociale, et la participation citoyenne. «Toutes ces sorties aident les élèves à se développer, à acquérir des compétences», reprend Christian Dengis. «On fait le pari que les compétences acquises d’une manière ou d’une autre seront utiles pour la scolarité.»

Ouvert à tous

La participation demandée est souvent symbolique, afin de ne pas constituer un frein : de l’ordre de 0,5 € pour une sortie au cinéma. «On demande peu, car on ne veut pas faire de la discrimination là où il y en a déjà», souligne la fédération. Et bien que le public fréquentant les écoles de devoirs soit souvent constitué d’enfants issus d’un milieu fragilisé, elles sont ouvertes à tous. «Le public en période non scolaire est plus mixte», reprend Christian Dengis. «On profite donc des périodes de vacances pour accueillir plus d’enfants. Les encadrants sont moins pris par les devoirs, et nous pouvons donc accueillir plus de monde. C’est important, car on ne voudrait pas que les écoles de devoirs deviennent un lieu stigmatisant.»