Un enseignement de qualité pour tous, clé d’un développement durable

Une éducation de qualité est essentielle pour améliorer la qualité de vie des populations. Des efforts sont à mener dans tous les pays, quel que soit leur niveau de développement.

Il y a longtemps que la nécessité d’offrir à tous une éducation de qualité fait l’unanimité. C’est d’ailleurs le second objectif des objectifs du millénaire, adoptés en 2000, auxquels ont succédé les objectifs de développement durable. Le taux de scolarisation en primaire dans les régions en développement est ainsi passé de 83% en 2000 à 91 en 2015. Sans surprise, les enfants des ménages les plus pauvres sont plus susceptibles de ne pas être scolarisés que ceux issus de familles plus aisées.

L’objectif de mettre l’éducation de base à la portée de tous n’ayant pas été atteint, il figure toujours dans les objectifs de développement durable. Ceux-ci concernent également les pays les plus riches. Il s’agit là de mettre un terme aux importantes disparités qui existent au sein de classes d’âge. Les ODD stipulent ainsi qu’il faudra, d’ici 2030, «faire en sorte que les femmes et les hommes aient tous accès dans des conditions d’égalité à un enseignement technique, professionnel ou tertiaire, y compris universitaire, à un coût abordable». Cela doit «augmenter le nombre de jeune et d’adultes disposant des compétences nécessaires à l’obtention d’un travail décent et à l’entrepreneuriat».

Focus sur les discriminations

La communauté internationale a également décidé d’insister sur la nécessité d’éliminer les inégalités entre les sexes dans le domaine de l’éducation. L’effort éducatif doit également porter sur l’effort des personnes handicapées et des personnes en situation vulnérable. Pour les rédacteurs des objectifs, l’intégration de tous doit contribuer à la «promotion d’une culture de paix et de non-violence».

Pour y parvenir, l’Onu rappelle les besoins de base de tout système éducatif. Il faudra «construire des établissements scolaires qui soient adaptés aux enfants, aux personnes handicapées et aux deux sexes, ou adapter les établissements existants à cette fin». Elle appelle également les pays les plus riches à augmenter, dès maintenant, le nombre de bourses d’études offertes aux étudiants des pays développements, en particuliers les «pays les moins avancées».

 

«Les pénuries d’enseignants sont un problème»

«En Belgique, la qualité de l’éducation offerte dépend trop souvent du niveau socio-économique dont est issu l’enfant», déplore Caroline de Cartier, de l’association Teach For Belgium. Elle souligne le besoin de rendre le métier d’enseignant plus attractif, afin d’attirer de très bons profils pour les élèves.

Que peut faire la Belgique pour améliorer l’éducation?

«Aujourd’hui, il y a un grand problème: un enfant issu d’un milieu socio-économique défavorisé n’a pas les mêmes chances qu’un enfant issu d’un milieu socio-économique favorisé. C’est d’autant plus problématique que l’écart entre ces deux élèves va se creuser au fil des années. Selon l’enquête Pisa 2017, un enfant de 15 ans issu d’un milieu défavorisé a déjà accumulé un retard de trois ans.»

Cette situation est renforcée par le manque de mixité sociale au sein des écoles.

«En Belgique, les enfants des milieux sociaux les plus favorisés se retrouvent souvent dans les mêmes établissements. Et ceux des milieux moins aisés se retrouvent également ensemble. Et c’est dans ces écoles que l’on va souvent faire face à des difficultés de recrutement des enseignants. Le problème se pose principalement en mathématiques et en sciences, ainsi qu’en néerlandais en Fédération Wallonie-Bruxelles, et en français en Flandre.»

Comment lutter contre la pénurie de professeurs?

«Un des points essentiels est de revaloriser le métier d’enseignant. Selon une enquête que nous avons menée à Louvain-la-Neuve, seuls 4% des étudiants considèrent ce métier comme attractif. Il faut pourtant attirer les meilleurs profils vers ce métier, qui est essentiel puisqu’il forme les talents de demain. Chez Teach For Belgium, nous sélectionnons des gens engagés et motivés. Nous leur faisons suivre une formation continue de 2 ans, qui démarre avec cinq semaines pendant l’été. Ils sont ainsi prêts à enseigner pour la rentrée. Ils interviennent sur des postes confrontés à la pénurie de professeurs, ils n’ont donc pas besoin de l’agrégation pour démarrer. Pendant deux ans, ils sont encadrés par un tuteur, et bénéficient de nombreuses opportunités de développement professionnel. Nous encourageons ceux qui souhaitent continuer dans l’enseignement à obtenir en parallèle leur agrégation. Notre objectif est de fournir à ces enseignants débutants un maximum de conseils et d’outils afin qu’ils s’engagent dans la durée pour une éducation de qualité pour tous dans la lutte contre les iniquités.»

Teach For Belgium, qui bénéficie du soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles, lance fréquemment des appels à candidature. La prochaine date butoir est fixée au 22 avril.