Journée du Droit des Femmes : deux Belges qui donnent l’exemple

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Il n’y a pas qu’à Hollywood qu’on trouve des femmes engagées, dans notre pays aussi il y a des précurseures qui donnent le bon exemple.

Alexandra Smarandescu

Belga / B. Doppagne

Alexandra Smarandescu (21 ans) a été nommée le mois dernier présidente du Vlaamse Jeugdraad (NDLR, le conseil de la jeunesse flamand). «J’ai parfois l’impression d’être sous-estimée parce que je suis une femme, même si cela peut aussi avoir un rapport avec mon nom de famille. J’ai la ‘chance’ d’avoir un nom de famille compliqué et d’être une femme!»

Rien d’étonnant dès lors à ce que cette étudiante en droit à la VUB promette d’accorder une grande attention à la diversité. «J’essaie le plus possible de promouvoir les droits de la femme, peu importe où je me trouve. Il y a peu, j’ai assisté à une convention internationale sur les droits de la femme et le leadership à Boston. 125 jeunes femmes en provenance de 25 pays différents y étaient présentes. Bien que nous soyons très différentes, c’était chouette de voir qu’il est possible de collaborer malgré les différences de culture. Nous avions aussi toutes le même exemple: l’activiste pakistanaise Malala Yousafzai.»

«On me demande souvent si je me considère désormais comme un modèle, mais je dois encore un peu m’habituer à cette idée. Je me vois tout simplement comme Alexandra. Si je peux aider quelqu’un, le mettre sur la bonne voie, le motiver ou lui donner plus de confiance en lui, alors j’endosse ce rôle avec plaisir. Mais je n’ai pas encore trouvé la bonne manière de tout gérer correctement. C’est la raison pour laquelle j’admire d’autres femmes dont j’ai encore beaucoup à apprendre. Le fait que beaucoup de jeunes filles n’ont souvent aucun modèle est aujourd’hui encore un problème. Elles ne voient pas dans le journal ou à la télé quelqu’un qui leur ressemble ou à qui elles s’identifient. Cela doit changer.»

Assita Kanko

Assita Kanko, membre du MR, plaide en faveur de plus de sisterhood (NDLR, sororité), et souhaite voir plus de femmes en politique. C’est la raison pour laquelle elle a lancé un incubateur politique, Polin. L’objectif est de rassembler les femmes qui veulent entrer en politique ou qui sont intéressées par la politique.

«J’ai été invitée par une start-up française à prendre la parole lors d’un événement au cours duquel des femmes venaient partager leurs expériences au-delà des limites des partis et parler de comment elles pouvaient devenir les meilleures dans leur branche. J’ai ressenti une force et une énergie énormes dans la salle. C’est la raison pour laquelle j’ai trouvé que quelque chose de similaire devait être fait en Belgique. C’est ainsi que Polin a vu le jour.» Des événements, avec des orateurs nationaux et internationaux, des ateliers et des moments de réseautage, seront programmés sur une base annuelle. Et des académies seront organisées tous les trois mois.

«Le but ultime est d’avoir au pouvoir le plus de femmes possible, peu importe leur langue ou leurs opinions politiques. Le monde serait totalement différent. Aujourd’hui, seuls 10% des leaders mondiaux sont des femmes. Je me demande vraiment où sont ces femmes. Le paradigme doit changer, tout comme l’image du pouvoir, pour que les priorités de l’agenda politiques changent également.»