Le skischam, ou la honte de faire du ski, émerge peu à peu

Vous avez sans doute déjà entendu parler de la honte de prendre l’avion, compte tenu de l’impact environnemental du transport aérien. En cette période de vacances d’hiver, une nouvelle forme d’embarras qui génère beaucoup de culpabilité auprès des skieurs autrichiens est en train de prendre le pas: le skischam. On vous explique.

par
AFP
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Ah les vacances à la montagne! Ses soirées raclette, la vue époustouflante sur les cimes et les séances de glisse sur la poudreuse… Derrière l’image réjouissante de congés à la neige se cache aussi une réalité environnementale. D’abord, il y a les transports pour acheminer les skieurs jusqu’à leur résidence de vacances. Selon Domaines skiables de France, ce poste est responsable de 57% des émissions de gaz à effet de serre d’un séjour à la montagne. Le bilan s’alourdit aussi avec l’énergie produite par toutes les formes d’hébergement, à hauteur de 35%. Sur les pistes, ce sont plutôt les dameuses qui sont pointées du doigt, générant 94% des émissions de gaz à effet de serre d’un domaine skiable.

Voilà quelques faits chiffrés qui amènent à une prise de conscience en Autriche sur l’impact écologique de la pratique du ski. Là-bas, les massifs, plus bas qu’en France, sont enneigés artificiellement à hauteur de 66%. Une réalité à laquelle certains skieurs ne veulent plus prendre part, au point d’en avoir honte. La presse autrichienne se fait ainsi le relais ces derniers jours d’un nouveau sentiment: le skischam; «scham» étant un terme issu de la racine germanique «skamo» voulant dire «honte» ou «déshonneur». Le journal Die Presse explique que certains skieurs éprouvent de la honte lorsqu’ils songent «au climat et aux canons à neige».

En France, s’ils sont souvent pris comme symbole du lourd impact écologique des sports d’hiver, les enneigeurs ne représentent que 2% des émissions de gaz à effet de serre, avec les remontées mécaniques, d’après Greenly, un calculateur de bilan carbone. Selon la chambre professionnelle des opérateurs de domaines skiables, 25 millions de m3 d’eau sont prélevés et restitués au milieu naturel lors de la fabrication de cette neige de culture. Cela équivaut à 0,5 m3 d’eau par journée de ski.