Bientôt un Éco-Score sur les étiquettes des vêtements?

Concept for environmental friendly produced clothing with shirt made out of grass surrounded by sweaters
Concept for environmental friendly produced clothing with shirt made out of grass surrounded by sweaters - Belga / Firn, photo t-shirt: Decathlon

Bien qu’il ne soit pas obligatoire (vous ne le retrouvez pas sur les canettes ou les bouteilles de soda par exemple !), en quelques années, le Nutri-Score s’est imposé sur les emballages des produits alimentaires. Cette petite échelle allant de A (en vert) à E (en rouge) indique visuellement le caractère sain d’un aliment, notamment en fonction de la quantité de calories, de sucres totaux, de graisses saturées et de sel.

Un outil adopté par les jeunes

L’objectif du créateur du Nutri-Score, le nutritionniste et épidémiologiste français Serge Hercberg, était de proposer un indicateur intuitif, compréhensible dans toutes les langues et accessible à toutes les populations, surtout les plus vulnérables. Et ça marche ! Selon un récent rapport de Santé publique France, 97 % des jeunes de 11 à 17 ans connaissent le Nutri-Score et 91 % le trouvent facile à comprendre. Mieux encore, un peu plus de la moitié (54 %) indique que la présence de ce logo a pu les inciter à acheter un produit, et 47 % avouent déjà avoir changé d’avis pour choisir un produit avec un Nutri-Score plus favorable.

Vers un Nutri-Score sur les vêtements ?

À l’heure de l’ultra fast-fashion et où le géant chinois Shein et ses vêtements low-cost cartonnent auprès des jeunes, l’idée d’un label semblable au Nutri-Score sur les étiquettes des vêtements fait son chemin. Plusieurs entreprises proposent des initiatives allant dans ce sens et cela ne fait que commencer.

En 2019, Decathlon s’est ainsi lancé dans un projet pilote d’affichage d’une note environnementale sur des millions de ses propres produits. « Cela se traduit par une note allant de A à E, calculée en prenant en compte l’ensemble du cycle de vie du produit : choix des matières premières, fabrication, transport, fin de vie… », explique l’enseigne. Quatre ans plus tard, ce petit label est toujours affiché sur certains produits disponibles sur Decathlon.be. Mais on ne peut pas vraiment dire qu’il soit mis en avant ou facilement identifiable. En ce début d’année 2023, peu de références, même au sein de la marque Quechua, proposent cette note environnementale sur leur fiche produit.

Depuis la fin de l’année 2021, Camaieu s’est aussi lancé dans l’expérience en affichant une « éco-note » sur une centaine de produits. Ici pas d’échelle allant de 1 à 5 mais une jauge, loin d’être intuitive, allant de « - impactant » à « + impactant ». Et là encore, ce label est uniquement disponible sur la fiche du produit en ligne et non dans les magasins.

Mais, même si elles ont le mérite d’exister, dans ce genre d’initiative individuelle, chacun met un peu ce qu’il veut comme critères pris en compte. C’est le cheval de bataille de Glimpact. Cette start-up française, aussi installée en Belgique, est la première plateforme digitale permettant l’évaluation de l’impact environnemental global des produits et des organisations. En novembre 2022, Glimpact a été choisie par 13 grandes marques pour développer l’éco-score des vêtements. Parmi elles : Lacoste, Decathlon, Aigle, Celio, Bonobo, Tape à l’œil, Pimkie ou encore Jules. La révolution est donc en marche !

Quels sont les critères pris en compte ?

Comme le Nutri-Score, cet Eco-Score, qui sera affiché sur les vêtements et les chaussures, ira de la lettre A jusqu’à E. Ce score est établi sur base de 16 critères et repose sur la méthode « PRF » adoptée par l’Union européenne.

« Résultant d’un consensus de la communauté scientifique, la méthode PEF (Product environnemental footprint) prend en compte 16 catégories d’impact sur l’environnement, et toutes les étapes du cycle de vie des produits, des matières premières au recyclage. Elle permet ainsi de donner enfin une vision globale de l’empreinte environnementale pour n’importe quel produit ou service », explique Glimpact.

« L’empreinte carbone d’un produit textile ne se réduisant pas aux seules émissions de gaz à effet de serre, nous avons voulu prendre en compte 15 autres critères. Notre affichage environnemental prendra donc en compte l’utilisation des ressources en eau, des énergies fossiles, des terres agricoles, les effets de la fabrication du produit sur la biodiversité mais aussi en termes de toxicité ou d’émissions de particules fines », ajoute le fondateur de Glimpact, Christophe Girardier, au Parisien.

Objectif fin 2023

Maintenant que la machine est lancée, ce concept de notation commun à 13 enseignes pourrait rapidement arriver sur le marché français, mais aussi en Belgique. On parle déjà de la fin de l’année 2023 en ligne de mire. Espérons qu’il puisse inspirer d’autres marques qui rejoindront le mouvement.