Pourquoi le travail flexible devient-il la norme dans toutes les entreprises?

Pourquoi le travail flexible devient-il la norme dans toutes les entreprises?
Ph. Getty images

C’est du moins ce qu’affirme un rapport réalisé conjointement par les universités britanniques de Birmingham et de York, dans le cadre du projet Equal Parenting. Les deux institutions ont interrogé 597 managers vivant au Royaume-Uni sur la flexibilité en entreprise. La plupart d’entre eux sont favorables à l’idée de proposer à leurs collaborateurs d’adapter leurs horaires et leur lieu de travail en fonction de leurs besoins et leurs exigences personnelles.

Les managers plébiscitent tout particulièrement le télétravail  : 51,8 % des répondants affirment que le travail à distance améliore la concentration des salariés. Il les rendrait même plus productifs (59,5 %) et motivés (62,8 %). De nombreux managers continuent toutefois de penser que le travail flexible peut distendre le lien entre les employés et l’entreprise. Ils sont également 56,4 % à penser que l’essor des organisations de travail hybride peut susciter un sentiment d’isolement, voire de solitude, chez certains télétravailleurs.

Un atout de taille

Malgré cela, le télétravail est généralement perçu comme un véritable atout pour la marque « employeur » d’une entreprise, tout comme la flexibilité des horaires de travail. Fini l’immuable 9h00/17h00 dont Dolly Parton chantait les mérites dans la chanson « 9 to 5 » ; l’heure est dorénavant aux horaires à la carte dans de nombreuses organisations. Cette méthode de travail asynchrone est courante dans les pays anglo-saxons depuis les années 2020, grâce au développement du « cloud computing » [technologie permettant l’externalisation des serveurs et des logiciels]. Elle gagne désormais du terrain un peu partout dans le monde, sous l’impulsion de salariés soucieux de maintenir un meilleur équilibre entre leur vie personnelle et professionnelle.

Bien accueilli par les managers

Mais qu’en est-il du côté des managers ? Comment perçoivent-ils les nouvelles attentes de leurs collaborateurs concernant leur rythme de travail ? Bien plus positivement qu’on pourrait le penser. Ils sont environ 44 % à penser que des modes d’organisation du travail plus souples comme la semaine de quatre jours ou le recours au temps partiel contribuent à rendre les employés plus productifs. « Les responsables sont généralement beaucoup plus favorables au travail flexible qu’avant la pandémie et pensent que leurs organisations sont plus susceptibles de soutenir les demandes de travail flexible à l’avenir », ont déclaré Holly Birkett et Sarah Forbes, co-autrices du rapport des universités de Birmingham et de York, dans un communiqué.

Encore du chemin à parcourir

Toutefois, certains freins persistent à la généralisation du travail flexible. Le premier concerne les horaires à rallonge. Cette tradition continue de prévaloir dans bon nombre d’entreprises, malgré les conséquences néfastes pour la santé physique et mentale des employés. Certains managers y voient même un passage obligatoire dans la carrière d’un salarié (41,9 %). À cela s’ajoute la question de la supervision des employés. La généralisation du télétravail a souvent été accompagnée d’une surveillance accrue des salariés à distance – pour le plus grand plaisir des principaux intéressés mais aussi de leurs responsables. En effet, 64 % des dirigeants avouent que l’utilisation d’outils visant à renforcer la supervision des salariés les rend plus stressés qu’autre chose.

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