La facture énergétique de certains ménages va augmenter de plus de 700 €

La facture énergétique de certains ménages va augmenter de plus de 700 €
Ph. Unsplash

La Commission de régulation de l’électricité et du gaz (Creg) avertit mercredi que les ménages ayant un contrat d’énergie variable doivent tenir compte d’une facture annuelle qui pourrait être plus élevée d’au moins 700 euros. Le conseil du régulateur fédéral de l’énergie est clair : essayer de réduire sa consommation d’énergie autant que possible. Dans le même temps, l’organisme de surveillance met également en garde contre les problèmes rencontrés auprès des petits fournisseurs.

Dans un nouveau rapport publié mercredi, l’organisme de surveillance dresse un tableau sombre de la situation sur le marché de l’énergie. Les prix historiquement élevés ont en effet un impact majeur sur les ménages ayant un contrat variable ou dont le contrat arrive à échéance.

45 % des ménages ont un contrat variable pour le gaz

Concrètement, pour une famille ayant une consommation moyenne d’électricité et un contrat variable (ce qui est le cas de 35 % des ménages), la facture annuelle mesurée entre avril de cette année et mars de l’année prochaine pourrait être supérieure de 116 euros à celle de (l’année normale) 2019. Pour le gaz naturel, les chiffres s’envolent : une famille moyenne ayant un contrat variable (45 % des ménages) risque de payer 598 euros de plus pour la même période. Soit, pour l’électricité et le gaz ensemble, un coût supplémentaire de 714 euros.

À noter que la Creg a calculé le surcoût sur la base des tarifs énergétiques de septembre. Depuis lors, les prix n’ont fait qu’augmenter. Le coût supplémentaire pour les ménages risque donc d’être encore plus élevé.

Les petits fournisseurs pourraient être confrontés à des problèmes économiques

Les consommateurs ne sont pas les seuls à être touchés. Les petits fournisseurs pourraient être confrontés à des problèmes économiques, prévient l’organisme de surveillance. Le risque de factures impayées par les clients augmente et ces entreprises doivent acheter de l’énergie à des prix très élevés pour les contrats fixes qu’ils proposent, tout en risquant que les clients annulent ces contrats plus tard si les prix baissent. « La situation actuelle du marché peut entraîner un risque accru de défaillance de fournisseurs, d’autant plus marqué pour les plus petits fournisseurs », avertit la Commission de régulation de l’électricité et du gaz.

Comparer les prix

La principale arme des ménages pour lutter contre les factures énergétiques élevées reste de comparer les prix et de consommer moins. « Un kWh non consommé ne doit pas être payé : essayez de réduire votre consommation », recommande dès lors la Creg. Le consommateur peut en outre anticiper les factures de décompte potentiellement plus élevées en augmentant les acomptes mensuels.

Que peut faire l’État belge ?

Que peut faire le gouvernement face à ces prix élevés ? Avant tout, prolonger l’extension du tarif social, grâce à laquelle le nombre de bénéficiaires de celui-ci a doublé depuis février dernier, propose le régulateur. Ce sont ainsi environ 900.000 ménages (soit 17,8 %) qui sont de la sorte protégés de la hausse importante des prix de l’électricité et du gaz naturel. Les ménages concernés ont en effet payé en août 27 % de moins que la moyenne pour leur électricité, et même 64 % de moins pour le gaz naturel.

La Creg s’est également penchée sur les centrales nucléaires. Les revenus des producteurs d’électricité issue de cette filière devraient en théorie bénéficier de la hausse actuelle des prix de l’électricité. Étant donné que les coûts de production ne sont ici pas directement touchés par la hausse actuelle du prix du CO2 et du gaz naturel, la rentabilité de la filière devrait s’accroître. Mais cette croissance doit cependant être analysée dans le cadre des « redevances » et des « contributions de répartition » dues par les exploitants des centrales nucléaires à l’Etat belge, nuance la Commission.

En ce qui concerne les centrales dont la durée de vie n’a pas été prolongée (Doel 3 et 4, Tihange 2 et 3), la Creg est claire : les contributions et rémunérations augmenteront. De combien fait encore l’objet de calculs. Pour les autres centrales dont la durée d’exploitation a été prolongée (Doel 1 et 2 et Tihange 1), compte tenu des marges négatives et des investissements réalisés dans le passé, « il semble difficile pour la CREG d’envisager une nouvelle ’taxe’ pour les centrales ».