Plusieurs pays réclament une action européenne contre la flambée des prix de l’énergie

AFP / P. Ellis
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À côté des mesures que plusieurs États membres ont déjà prises ou s’apprêtent à prendre pour réduire l’impact de la hausse des prix du gaz et de l’électricité sur la facture des citoyens et des entreprises, « il est temps aussi d’avoir une réponse européenne », a réclamé le ministre français Bruno Le Maire, à son arrivée à Luxembourg.

« Ce n’est pas une question que nous pouvons aborder au niveau national. Nous pensons que nous avons besoin d’une réponse européenne coordonnée », a renchéri sa collègue espagnole, Nadia Calvino.

Le Français pointe un défaut majeur du marché européen de l’énergie : l’alignement des prix de l’électricité sur ceux du gaz, ce qui crée à ses yeux une situation « injuste et inefficace » tant pour les citoyens que pour les entreprises, mais aussi inacceptable dans la perspective de la lutte contre le changement climatique.

Plusieurs propositions

Au-delà d’un découplage des prix du gaz et de l’électricité, Bruno Le Maire a proposé une meilleure régulation des stocks de gaz, que Mme Calvino voit dans la création d’une réserve européenne stratégique de gaz, avec des achats en commun pour mieux tenir tête aux grands fournisseurs internationaux.

L’idée serait aussi d’établir au niveau européen un lien direct entre les coûts moyens de production de l’électricité dans chaque pays et les prix payés par les consommateurs, via des contrats à long terme ou des tarifs régulés, comme il en existe aussi dans plusieurs États membres.

Face à la volatilité du marché du gaz, le Français a une nouvelle fois vanté l’énergie nucléaire, que son pays veut voir reconnaître par l’UE comme respectueuse de l’environnement, ce que refusent d’autres pays emmenés par l’Allemagne.

« Je pense qu’il est important de reconnaître le rôle de l’énergie nucléaire (une énergie à faible teneur en CO2) dans notre bouquet énergétique global et nos efforts de décarbonation », a de son côté déclaré le vice-président de la Commission européenne Valdis Dombrovskis, en charge de l’Économie.

Les ministres examineront avec attention les conséquences de la hausse de l’inflation, dont le taux annuel est passé de 3 % en août à 3,4 % en septembre dans la zone euro, selon une estimation rapide de l’office de statistique Eurostat. Mais cet élément ne semble pas les inquiéter outre mesure. Si les grands argentiers y voient certes un effet de la hausse des prix de l’énergie, ils considèrent qu’elle est plus largement liée à la forte reprise économique post-Covid et qu’elle est donc de nature temporaire. Le commissaire européen à l’Économie, Paolo Gentiloni, a dit espérer une réduction de l’inflation l’an prochain.

« Travaux en cours » à la Commission

La Commission européenne est attendue pour la mi-octobre sur une proposition de « boîte à outils » pour aider les États membres à mettre en place des mesures de court terme destinées à faire face à l’actuelle flambée des prix du gaz et de l’électricité, un domaine dans lequel les États membres disposent toutefois des plus grands leviers, tant en matière fiscale que sociale.

Elle est disposée à soutenir des mesures « temporaires et ciblées », et conformes à la stratégie de décarbonation, en respectant les règles sur les aides d’État et le marché intérieur.

Mais les propositions formulées par les vingt-sept retiennent aussi son attention. « Pouvons-nous jouer un rôle dans les marchés publics du gaz, adopter de nouvelles initiatives sur le stockage du gaz ? Des travaux sont en cours », a commenté M. Gentiloni, renvoyant à la prochaine boîte à outils ainsi qu’à un « paquet énergie que nous présenterons en décembre. »

Le sujet reviendra sur la table des chefs d’État et de gouvernement lors du sommet des 21 et 22 octobre.