Jusqu’à 6 millions de Belges touchés par Omicron d’ici deux mois? Le scénario est possible

Selon Geert Molenberghs, il est tout à fait possible que 6 millions de Belges puissent être infectés par le variant Omicron d’ici deux mois.

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L’OMS a annoncé hier que plus de 50% des Européens pourraient être touchés par Omicron d’ici deux mois. La Belgique pourrait-elle suivre le même calendrier?

Si on part sur le pire des scénarios, les experts estiment qu’à la mi-janvier, on pourrait atteindre un record de 125.000 contaminations par jour en Belgique. Une grosse semaine avec un record quotidien nous ferait déjà atteindre le million de contaminations, relatent nos confrères de Sudinfo.

À cela s’ajoutent les contaminations enregistrées jusqu’à présent: depuis la mi-décembre, 2,3 millions de cas ont déjà été détectés mais tous ne sont pas attribués à Omicron. Pour rappel, il n’est majoritaire «que» depuis le 26 décembre.

Un scénario pas impossible

Atteindre les 6 millions de Belges touchés en deux mois ne semble donc pas impossible au biostatisticien Geert Molenberghs, membre du Gems. «Tout est possible. Sous certains scénarios, c’est possible. Mais il y a aujourd’hui une grande incertitude quant au scénario qui va effectivement se produire.»

Lors de la conférence de presse post Codeco, plusieurs scénarios avaient effectivement été évoqués, allant de 30.000 à 125.000 nouveaux cas quotidiens au moment du pic. «Tout dépend en réalité de nos contacts, des décisions des autorités, mais aussi de l’ouverture des écoles. Nous n’avons aucune expérience de l’école sous Omicron, ni en Europe, ni aux États-Unis, et on ne sait donc pas ce que cela va donner. La France a repris une semaine plus tôt que nous mais il est trop pour voir l’impact.»

Un niveau record sera atteint dans les prochains jours

Une chose est sûre selon le biostatisticien du Gems, «les chiffres ne sont pas bons.» Il rappelle également que, selon lui, un nouveau record sera atteint dans les prochains jours. «La positivité (le nombre de tests positifs sur le nombre de tests réalisés, NdlR) augmente très vite. Elle va atteindre, j’en suis quasiment sûr, un niveau record dans quelques jours.»

Au début de l’épidémie, le taux de positivité était de plus de 30%. «On est resté en dessous de ces 30% en novembre 2020. Mais ici, on s’apprête à le dépasser.» D’après le dernier rapport de Sciensano, le taux de positivité était, du 1er au 7 janvier, de 26,2%. Mais avec la nouvelle stratégie de testing qui ne vise plus que les personnes symptomatiques, ce taux de positivité est fatalement appelé à augmenter. «Dans cette situation, il y a effectivement plus de risque que le test effectué soit positif», confirme-t-il. «Mais nous suivons depuis un certain temps ce taux de positivité à la fois pour les symptomatiques et les asymptomatiques. On peut donc comparer ce qui est comparable.»

Et même en comparant des pommes avec des pommes, un niveau record sera atteint, selon lui. «Le nombre d’infections est déjà à un niveau record. Et dans quelques jours, on atteindra le maximum de notre capacité de testing», ajoute-t-il.