Jill Vandermeulen : « J'ai toujours su que je voulais devenir une personnalité publique »

Jill Vandermeulen : « J'ai toujours su que je voulais devenir une personnalité publique »

Vous serez au printemps prochain à la présentation d' « Osez ! », sur RTLplay. Quel sera votre rôle?

Jill Vandermeulen: « Je n'ai pas participé à l'élaboration de l'émission et notamment des défis que l'on proposera. Mon rôle sera essentiellement de faire le lien entre les séquences dans le documentaire, mais aussi alimenter les réseaux sociaux avec du contenu digital. Je profiterai évidemment de mes propres réseaux sociaux pour promouvoir l'émission, ce que je fais assez naturellement de façon générale, sans que cela me soit demandé. »

Pourquoi est-ce que vous étiez la personne à mettre aux commandes d'« Osez ! » ?

« Les gens qui me connaissent de RTL TVI et qui me suivent sur les réseaux sociaux savent bien que je suis très ouverte sur tous les sujets. Je parle fréquemment de sextoys, de sujets féminins considérés comme tabous, en les dédramatisant. Je pense donc que c'est pour ça que j'ai été choisie pour incarner le programme, parce que la chaîne sait que j'aborde déjà la sexualité publiquement avec un ton simple et dans l'optique d'une ouverture d'esprit de la part du public. J'ai aussi accepté de présenter cette émission pour son côté éducatif et esthétique. »

Le but de l'émission est donc d'aborder la sexualité avec énormément de bienveillance…

« Tout à fait. On sortira les binômes de candidats de leurs zones de confort, mais toujours en étant dans le respect et avec l'accompagnement de professionnels. À aucun moment, on veut ridiculiser les participants ou créer une quelconque forme de malaise. On voulait proposer un panel d'activités liées à la sexualité, sans que cela nécessite un acte sexuel pour autant. Ce n'est pas de la télé-réalité ou du voyeurisme. C'est un programme esthétique qui permettra aux téléspectateurs de découvrir des univers à propos desquels ils ont peut-être des préjugés, que l'on souhaite gommer. Le programme est autorisé à partir de 12 ans, donc ça vous donne tout de suite le ton. »

Est-ce que vous estimez que la télévision accuse un certain retard par rapport à des sujets comme la sexualité ?

« Je ne pense pas qu'on puisse parler de la télévision de façon si générale. Quand on regarde des chaînes flamandes ou néerlandaises, ces sujets sont totalement acceptés par la population. Les animatrices télé posent toutes pour des magazines de charme. Le côté osé et le fait que des femmes s'assument dans leur féminité sont  beaucoup plus poussés que chez nous. J'ai l'impression que du côté francophone, nous sommes plus réservés et prudes. »

Comment faire évoluer les mentalités chez nous?

« Cela a déjà beaucoup évolué ces dernières années. À mes débuts chez RTL, lorsque je postais une photo de moi en maillot de bain, ce n'était pas très bien vu, mais j'ai continué à le faire. Je sais que ce que je poste n'est pas vulgaire et que mon public l'apprécie. Tout le monde a fini par s'y faire. C'est la même chose en ce qui concerne mes tatouages : au début, il fallait les camoufler et désormais, on les assume et on les montre. On a d'ailleurs reçu de nombreux remerciements de la part de nos téléspectateurs, qui étaient contents que le tatouage ne soit plus marginalisé. Il faut apprendre aux gens à accepter les autres comme ils sont. »

L'émission sera diffusée exclusivement sur RTLplay. Quels sont les avantages de ce choix ?

« RTlplay sera disponible sur les différents décodeurs à partir de l'année prochaine, ce qui permettra aux spectateurs de regarder le programme quand ils le veulent. Je fais partie d'une génération qui regarde des programmes sur Netflix quand elle en a envie, par exemple. Je ne me dis plus qu'il faut que je sois à une certaine heure devant mon écran pour regarder une émission. Du coup le concept d'RTLplay me plaît naturellement beaucoup. »

Est-ce qu'être une influenceuse avec une communauté aussi vaste que la vôtre, c'est un boulot à plein temps ?

« C'est du travail dès le moment où je me lève, jusqu'au moment où j'éteins mon téléphone avant d'aller dormir. Les gens ne se rendent pas compte du travail monstrueux que cela représente, mais je fais absolument tout moi-même. J'espère pouvoir bientôt engager quelqu'un pour avoir une charge moins grande de travail. Parfois, c'est sûr que je sature et il ne faut pas oublier que je suis aussi une maman de trois enfants… »

Comprennent-ils votre notoriété ?

« Ils le comprennent et le voient d'un œil un peu blasé. Cela ne leur fait pas grand-chose de me voir à l'écran, par exemple. Mais ma fille aînée est tout de même assez fière que ses camarades me suivent de TikTok. Par contre, les cordonniers sont toujours les moins bien chaussés. Ils n'ont aucun accès aux réseaux sociaux et je suis très stricte à ce niveau-là. Leurs temps d'écrans sont très courts parce que je sais à quel point cela peut-être néfaste. Par ailleurs, j'essaie aussi toujours de leur rappeler que les privilèges qu'ils ont grâce à moi sont une chance énorme et que cela n'a rien de normal, pour qu'ils gardent les pieds sur terre. »

Est-ce que la jeune fille qui a participé à la « Star Academy » il y a quinze ans savait-elle déjà qu'elle voudrait être sous le feu des projecteurs ?

« Elle le savait déjà, oui. J'ai eu une vie « classique » pendant longtemps après mon passage dans l'émission, et cela m'a rendu extrêmement malheureuse. On m'a souvent dit d'arrêter de rêver et que c'était trop tard pour crever l'écran, surtout que j'avais déjà des enfants. J'ai trouvé ce discours très réducteur et j'ai eu envie de prouver que j'en étais capable. J'ai multiplié les boulots pendant dix ans et je sais ce que c'est d'avoir un job classique. Avec le recul, cela m'a apporté une rigueur professionnelle et le respect de toutes les personnes qui m'entourent quand je suis à l'écran. »