L’Allemagne va utiliser le traitement expérimental vanté par Trump

M. Kappeler/dpa

L’Allemagne va devenir le premier pays de l’Union européenne à utiliser contre la maladie Covid-19 le traitement expérimental à base d’anticorps administré à Donald Trump, a annoncé dimanche le ministre de la Santé Jens Spahn.

«Le gouvernement a acheté 200.000 doses pour 400 millions €», a déclaré Jens Spahn au journal Bild am Sonntag, ce qui représente 2.000 € par dose.

Ce cocktail d’anticorps «monoclonaux» sera utilisé dans des hôpitaux universitaires la semaine prochaine, a précisé le ministre, soulignant que l’Allemagne était «le premier pays dans l’UE» à s’en servir dans la lutte contre la pandémie.

« Comme une vaccination passive »

Jens Spahn n’a pas cité le nom du fabricant qui fournirait ce médicament mais a confirmé qu’il s’agissait du même traitement que celui administré début octobre à M. Trump. Ce dernier, alors président des Etats-Unis, avait contracté le coronavirus et été brièvement hospitalisé.

Ces anticorps de synthèse «fonctionnent comme une vaccination passive», a expliqué M. Spahn. «Administrer ces anticorps durant les phases initiales de l’infection peut aider des malades à haut risque à éviter une évolution plus grave».

Ces anticorps imitent ce que le système immunitaire fait après la contamination par le coronavirus en allant bloquer la pointe du virus qui lui permet de s’attacher aux cellules humaines et de les pénétrer.

Donald Trump avait reçu le traitement développé par le laboratoire américain Regeneron, une combinaison de deux anticorps connue sous le nom de REGN-COV2, avant même qu’il soit autorisé fin novembre par l’Agence américaine des médicaments (FDA). L’ex-président a vanté ce traitement en disant qu’il l’avait «guéri».

La compagnie américaine Eli Lilly a développé un traitement similaire, autorisé dès le 9 novembre.

Des retards dans la vaccination

La commande de l’Allemagne intervient sur fond de critiques grandissantes dans l’UE à propos de la lenteur des campagnes de vaccination.

Les fabricants de vaccins Pfizer/BioNTech et AstraZeneca ont tous deux annoncé des livraisons moindres que prévu à court terme en Europe en raison de difficultés de production.

Le gouvernement allemand a indiqué qu’il prévoyait néanmoins de pouvoir offrir le vaccin à tous les Allemands d’ici la fin août.