La bouteille de demain sera-t-elle en…papier ?

©Ruinart

Et si nos bouteilles de vin et nos flacons de whisky n’étaient bientôt plus fabriqués en verre, mais en papier ? La marque Johnnie Walker a récemment dévoilé son prototype à base de pulpe de bois. Cette innovation s’inscrit dans un phénomène mondial, qui voit tous les fabricants de boisson rechercher une alternative au verre…car oui, même dans le verre, il y a du plastique.

A l’heure de l’apéritif, bientôt, quand on vous demandera un verre de whisky, vous ne saisirez plus une bouteille en verre, mais un flacon… en papier. La marque Johnnie Walker compte lancer au printemps 2021 une toute nouvelle génération de contenants fabriqués à partir de pulpe de bois, pressée et séchée au four. Aucune crainte, votre blend n’aura pas le goût de papier puisque la matière est recouverte à l’intérieur d’une fine pellicule pour que le whisky ne soit pas en contact direct avec le matériau.

La bouteille s’habille d’une nouvelle mode… durable

L’objectif est clair : réduire l’utilisation du plastique. Car oui, même dans la bouteille en verre, on trouve du plastique. Qui plus est, si le verre est recyclable, rappelons que sa production génère des émissions carbone.

La tendance est mondiale autant que pérenne. Les tentatives de conditionner du vin, un spiritueux ou tout autre liquide dans un contenant fabriqué autrement qu’avec du verre ne sont pas anecdotiques. Et le phénomène concerne tous les rayons de boissons. Déjà l’année dernière, Carlsberg s’était offert une longueur d’avance en dégainant une bouteille en fibres de bois durables, intitulant d’emblée son projet comme la toute première bouteille en papier au monde. Dès 2015, l’enseigne danoise avait travaillé aux côtés d’ingénieurs pour esquisser cette nouvelle technologie d’empaquetage, qui avait donné naissance à une entreprise justement dédiée à améliorer la bouteille en papier, Paboco.

©courtesy of carlsberg

Des essais concluants

En France aussi, où la sacro-sainte bouteille de vin concourt au plaisir d’une dégustation rien qu’avec le bruit du bouchon, on réfléchit à des contenants plus respectueux de l’environnement. Même en Champagne on a planché sur le sujet. Il a fallu deux années de recherches et de développement à la maison Ruinart pour élaborer non pas un flacon mais un étui entièrement biodégradable. La griffe d’Epernay a utilisé des fibres naturelles de bois en provenance de forêts européennes éco-gérées pour produire un écrin épousant les formes de la célèbre bouteille au corps arrondi. Selon Ruinart, l’empreinte carbone a été réduite de 60% par rapport à la gamme d’emballages actuelle.

Cette innovation n’est pas seulement une réponse à une problématique environnementale. Ruinart l’a met au service de la dégustation. Car le grain du papier a été pensé pour permettre aux consommateurs d’imaginer le toucher de la craie, matière emblématique des caves champenoises et clé de la réussite pour la fermentation de l’élixir.

Si le papier monopolise les tentatives pour dessiner la bouteille de demain, une équipe toulousaine a pour sa part misé sur une toute autre matière : le lin. Green Gen Technologies a choisi une fibre locale, puisque la France est la première productrice de lin au monde. Celle-ci est associée à des résines biosourcées pour donner vie à un composite léger et durable. L’entreprise assure que son invention est trois plus légère qu’une bouteille en verre.