Ces coins où la nature règne encore en maître

Easyfotostock

L’image d’un pays plat et urbanisé colle à la peau de la Belgique, au point de nous faire oublier les magnifiques coins de nature dont elle dispose. Cet été un peu particulier, contraint par le risque de Covid-19, est la parfaite occasion de partir à la redécouverte de nos plus beaux sites naturels.

Le parc naturel du Zwin

Calé aux confins de la Côte, à deux pas de la frontière néerlandaise, le Zwin est déjà bien connu des amateurs d’ornithologie. Cette zone de bord de mer regorge de dunes, de marais, de bois… Elle vit au rythme des marées, qui viennent régulièrement inonder l’estuaire. Cet environnement très particulier en a fait un paradis pour les oiseaux migrateurs, qui s’y arrêtent lors de leurs longs voyages des hautes latitudes vers les terres du sud.

Pour profiter pleinement du parc, mieux vaut entrer dans sa partie payante. Elle donne accès à un musée qui explique le rôle du Zwin pour la biodiversité, ainsi qu’à un vaste espace de balades.

Gare : Knokke le Zout

La Kalmthout

Elle se trouve à deux pas de la bouillonnante Anvers. Et pourtant, la Kalmthout offre un rare espace de calme au cœur d’une zone à l’activité intense. Cerné par les bois, un vaste espace de terres sableuses et d’étangs sert de refuge à une riche biodiversité. On y observe des papillons, des libellules, divers oiseaux, tels que le tadorne de Belon ou le pipit des arbres.

Surtout, le paysage est des plus intrigants. Les zones bois succèdent aux étendues de sable, qui elles-mêmes se transforment en bruyère. À noter toutefois, certaines zones peuvent être temporairement interdites d’accès en période de sécheresse, pour éviter le risque d’incendie.

Gare : Heide

Les Hautes-Fagnes

Le parc naturel des Hautes-Fagnes est niché à l’est de la Belgique, à deux pas de la frontière allemande, où le parc naturel se prolonge. C’est un terrain de jeu inépuisable pour les amateurs de nature. On trouve de nombreuses zones de tourbières sur le plateau, un biotope fragile mais qui abrite une large variété d’espèces.

Des visites guidées y sont régulièrement organisées (notamment par la maison du parc, installée à Botrange). La visite avec un guide permet de mieux comprendre la restauration en cours de ce milieu délicat. De nombreux sentiers de randonnées permettent aussi de s’y promener en famille ou entre amis. Attention toutefois, certaines zones, indiquées, sont interdites d’accès, afin de laisser la vie sauvage reprendre ses droits. De mêmes, certaines zones peuvent être occasionnellement inaccessibles en raison du risque d’incendie.

Gare : Verviers ou Eupen, puis bus Tec jusqu’au Signal de Botrange

La grande forêt de Saint-Hubert

Les forêts d’Ardenne sont l’une des destinations immanquables pour les amateurs de nature. Elles couvrent une partie du sud du pays. Mais on retiendra particulièrement celle de Saint-Hubert. Très dense, elle permet au grand gibier de se cacher et vivre tranquillement. À l’automne, celui-ci se fait remarquer avec le puissant brame du cerf, que l’on peut écouter et tenter d’observer depuis diverses plateformes. Des sorties guidées sont proposées afin de ne rien perdre de cet instant unique. Ensuite, une fois l’hiver venu, la forêt dense et mystérieuse devient pratiquement impénétrable. Elle s’apparente alors à une terre de légende que les guides locaux sauront vous raconter.

Gare : Poix-Saint-Hubert

Le parc national de Haute Campine

La région a longtemps été une terre de mines. Si l’exploitation du sous-sol est terminée, elle a laissé la place à une nature très particulière, qui conserve les formes du passé avec ses terrils et lacs. Ce passé industriel a laissé derrière lui une certaine pollution, mais plusieurs organisations travaillent à en refaire un véritable espace de nature. Et le résultat est déjà visible, avec des terrains variés qui accueillent une faune tout aussi diverse. On peut s’attendre à ce que la région devienne un lieu prisé des randonneurs du pays.

Il se murmure aussi que le loup, de retour en Belgique, apprécierait la région. Mais pas d’inquiétude : il vous faudra un énorme coup de chance pour en apercevoir un tant l’animal est craintif et prudent. D’ailleurs, le mieux à faire est de ne pas le chercher, pour le laisser faire sa vie et se réimplanter de façon durable dans notre pays.

Gare : Genk, puis bus De Lijn jusqu’au Waterschei Thorpark

La course folle du Ninglinspo

Ninglinspo ? Mais que peut bien cacher ce nom ? N’y cherchez aucune logique, il n’y en a pas. Le nom serait simplement hérité d’une erreur de cartographes. Là où il n’y a aucun doute en revanche, c’est que cet espace de nature est unique. Les eaux tombées sur le plateau qui domine la région convergent vers le ravin du Ninglinspo pour former l’unique torrent du pays. Il dévale alors les collines pour rejoindre l’Amblève un peu plus bas. Sur son chemin ponctué de cascades, il a formé au fil du temps des cuves et bassines, dont les bords sont lissés par le passage permanent de l’eau. Comme si cela ne suffisait pas à en faire un coin de paradis, le torrent serpente dans un vallon encaissé couvert d’arbres.

Gare : Aywaille