À quoi ressemble la vie des backpackers en pleine pandémie ?

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Alors que ses frontières internationales sont fermées aux non-résidents jusqu’en 2021, l’Australie, terre de prédilection des backpackers, est-elle en train de laisser ses visiteurs étrangers à l’abandon ? Alors que certains ne s’en sortent pas trop mal, d’autres se retrouvent dans des situations compliquées et incertaines.

La présence d’étrangers sur son territoire est précieuse pour l’Australie : les secteurs de l’industrie touristique et de l’industrie agricole y sont particulièrement dépendants. Mais la Covid-19 a compliqué la situation des backpackers restés sur place.

Quelle option pour rester en Australie ?

Alena a 29 ans et vient de Slovaquie. Elle est partie en Nouvelle-Zélande en 2018 après avoir fini son doctorat en linguistique, puis est arrivée en Australie en février 2020. Elle a alors commencé à travailler dans l’enseignement à Melbourne pour avoir un visa travail/vacances. Au bout d’un mois, elle a été confrontée à l’étape 3 du confinement qui ne présageait rien de bon. Coincée à Melbourne, seule, confinée dans son appartement, elle est parvenue à trouver un nouveau travail mais a du le quitter rapidement en raison de la pandémie. Cela fait désormais 6 mois qu’elle va de désillusion en désillusion. Impossible pour elle d’obtenir le fameux visa 88 jours puisqu’elle ne peut ni changer d’état ni trouver un travail dans une ferme. Elle n’a aucune idée de ce qu’elle fera ensuite. Deux options s’offrent désormais à elle : attendre jusqu’à ce que son visa expire ou chercher une alternative.

Rester jusqu’à la fin de la crise

Stella a 26 ans et elle vient d’Allemagne. Elle a étudié l’enseignement pour les enfants en situation de handicap. Elle aussi est en Australie depuis février 2020. Son plan depuis plusieurs années est de faire un grand voyage qu’elle choisit de commencer par l’Australie. L’idée était  d’y rester pour faire quelques économies en travaillant dans des fermes. Au début de la crise sanitaire, elle a travaillé dans une noyeraie où elle est restée deux mois avant de se faire embaucher dans une station dans la brousse australienne en juin. Elle pourra y rester jusqu’à septembre, voire plus puisqu’elle a décroché son troisième visa work/holidays.

S’adapter aux mesures liées à la pandémie

Toni a 27 ans et a étudié la communication puis travaillé dans la finance en Argentine. Il est en Australie depuis juin 2019 à la recherche d’aventures. Il a oeuvré en Tasmanie puis dans le Queensland comme travailleur essentiel dans une ferme avec sa petite amie. Ils ont été licenciés pendant la crise sanitaire et recherchent un nouvel emploi sur le territoire, loin des grandes villes.

Vicky, une allemande de 32 ans, est arrivée en Australie en septembre 2019. Par chance, elle est rapidement passée de l’est à l’ouest, où la situation est désormais plus ou moins revenue à la normale, avant que la crise sanitaire n’entraîne les mesures de confinement. Ses plans de voyages ont toutefois été perturbés à cause de la fermeture des frontières intérieures. Elle a déniché un travail de fille au pair assez facilement; les familles ayant du mal à trouver quelqu’un pour leurs enfants en ces temps de pandémie.

Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls. Les récoltants ont aussi beaucoup de mal à trouver de la main d’oeuvre en quantité suffisante, car beaucoup de backpackers ont quitté le pays. La question qui demeure est : vont-ils revenir ? Des syndicats, soucieux de la hausse du chômage dans la population australienne, proposent de remettre en question le fameux Working Holiday Maker, précieux sésame qui permet à de nombreux backpackers de prolonger leur voyage en travaillant quelques heures par jour dans ces terres agricoles, pour permettre aux Australiens de trouver plus facilement du travail.

La fermeture des frontières a conduit les syndicats à se mobiliser autour de la question, puisque la disparition de la main d’œuvre étrangère a entraîné la perte de 80% de travailleurs dans certaines régions. Leur principal argument repose sur les contournements de la loi par de nombreux propriétaires, afin de sous-payer leurs employés saisonniers. Ces abus seraient nombreux, selon le porte-parole du syndicat Pacific.

Pour le moment, le gouvernement se refuse à supprimer le visa, objectant que la main d’œuvre australienne n’est pas assez suffisante pour permettre aux fermiers de faire leur récolte sans le renfort des visiteurs étrangers.