Les associations d’aide aux animaux fortement pénalisées par le confinement

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Même si les chiens et les chats des refuges pour animaux ne peuvent pas transmettre le coronavirus, ils sont eux aussi touchés par les mesures de confinement. De nombreux foyers belges ont remis leur adoption à plus tard.

Afin de soutenir le secteur en ces temps difficiles, le ministre flamand Ben Weyts a déjà versé des fonds sur le compte de tous les refuges pour animaux agréés. Il s’agit d’un versement unique, mais il envisage d’apporter aussi un soutien financier structurel plus tard dans l’année.

Malheureusement, cette aide ne va pas à tous les refuges pour animaux, et notamment pas à ceux de Fabienne Pâques, cette Belge qui a fondé il y a 20 ans, dans le sud de l’Espagne (Malaga), l’association Animal Care España (ACE) également connue sous le nom de Chiens espagnols en péril. Depuis plus de 20 ans, cette organisation sauve les chiens des stations d’abattage du sud de l’Espagne et les accueille dans deux refuges, à Malaga et à Algésiras, avant de les proposer à l’adoption. Grâce à son action, plus de 23 000.chiens ont ainsi trouvé un nouveau foyer en Belgique et aux Pays-Bas.

Manque de fonds

Fabienne traversé de nombreuses épreuves pendant les 20 années où elle a œuvré à sauver la vie des chiens espagnols, mais ce qui se passe maintenant est un véritable cauchemar. «Nous nous arrachons littéralement les cheveux» dit-elle. «En ces temps incertains, les gens sont moins enclins à adopter un chien, et ceux qui sont déjà réservés ne peuvent pas partir rejoindre leurs nouveaux propriétaires en Belgique ou aux Pays-Bas. Nous nous retrouvons donc à devoir nourrir et prendre soin de 500 animaux. De plus, nous sommes très peu pour nous en occuper car aucun volontaire n’est autorisé à venir nous aider à cause du confinement. Tant qu’aucun chien ne quittera nos refuges, nous ne pourrons pas en sauver de nouveaux des stations d’abattage et mon cœur saigne à la pensée de tous ceux qui sont maintenant dans le couloir de la mort. En plus, il est à craindre que de plus en plus de gens y amèneront le leur dans les semaines à venir.»

Par ailleurs, ACE ne reçoit quasi plus aucune participation financière des familles adoptantes, alors que les coûts, eux, restent les mêmes. «En tant que refuge pour chiens, nous ne pouvons pas prétendre au soutien du gouvernement espagnol destiné aux personnes et aux entreprises qui subissent des pertes de revenus», se désole Fabienne Paques. «L’avenir de ACE est donc très incertain pour le moment. Des collectes de fonds ont été lancées par des sympathisants pour éviter que nos revenus ne se tarissent lors des prochaines semaines. Pour l’instant, nous gardons la tête hors de l’eau, mais si cette situation perdure pendant plusieurs mois, je ne sais vraiment pas ce que nous deviendrons…»