Durables et moins polluants, les collants font leur révolution verte

Ph. Rev Society

Ils sont accusés d’être des grands pollueurs et même d’obsolescence programmée. Les bas filent un mauvais nylon. Faut-il pour autant faire l’impasse sur les collants et les bannir de votre dressing? Pas forcément puisque des alternatives écologiques, durables et plus résistantes font leur apparition.

Le bas blesse

Dans un futur proche, les collants pourraient être les premiers concernés par le «köpskam». À l’instar du «flygskam» (la honte de prendre l’avion pour des raisons écologiques), ce nouveau concept venu de Suède signifie d’avoir honte d’acheter des vêtements neufs à cause de leur impact écologique. Il faut dire que les chiffres concernant le marché des bas en nylon ont de quoi donner le tournis. Ainsi une seule paire de collants nécessite à elle seule 14.000m de fil de nylon et 750 litres d’eau. Il n’existe pas de données chiffrées pour la Belgique mais chez nos voisins français, pays de 67 millions d’habitants, 104 millions de collants seraient jetés à la poubelle chaque année.

De l’obsolescence programmée?

En 2018, l’association française HOP était allée plus loin en soupçonnant les fabricants de collants d’user d’obsolescence programmée. Ce terme est habituellement utilisé pour les produits électroniques, dont la durée de vie serait volontairement limitée par les constructeurs, mais HOP l’a appliqué au marché des collants. Les résultats d’une enquête menée auprès de 3.000 personnes montraient que dans 40% des cas, les collants finissaient à la poubelle après deux ou trois utilisations, essentiellement parce qu’ils avaient filé ou s’étaient troués. Dans 72% des cas, le collant ne dépasse pas six utilisations.

Sans pouvoir le prouver, l’association estimait que les fabricants jouaient sur les additifs chimiques pour rendre un collant plus ou moins robuste, et ainsi programmer sa fin de vie. À l’époque, HOP appelait l’industrie à rendre les collants plus durables mais aussi recyclables. Deux ans après cette vaste enquête, des progrès ont été faits.

Des alternatives existent

De plus en plus de marques commencent à proposer des alternatives durables aux collants traditionnels. En Belgique, la chaîne de magasins Veritas a lancé une gamme de collants éthiques et fabriqués dans le respect de l’environnement. En France, deux jeunes femmes ont fondé la marque REV Society et ont mis au point «des collants écolos en fibre recyclée» (voir interview).

Fondé en 2012 par deux Suédoises, Swedish Stockings propose également des collants durables et écologiques, fabriqués à partir de nylon recyclé.  La marque Adèle commercialise quant à elle des collants en coton bio 100% made in France. Enfin, la marque britannique Tought conçoit depuis plusieurs années déjà des collants résistants fabriqués à base de bambou. Bref, si vous souhaitez opter pour des collants respectueux de l’environnement, vous commencez à avoir le choix!

Thomas Wallemacq