Semaine de la mobilité : Urbike parie sur les vélos cargo pour les livraisons

Ph. Urbike

La livraison de marchandises par vélo cargo passe à la vitesse supérieure. La société bruxelloise Urbike dresse un premier bilan positif de l’expérimentation lancée pour convertir de grandes sociétés à la livraison à vélo.

En 2020, la coopérative Urbike devrait permettre d’éviter l’émission de 550 tonnes de CO2 dans l’atmosphère bruxelloise. Sa solution? Remplacer les camionnettes de livraison par des vélos cargo. En mai dernier, quatre clients particulièrement friands de livraisons en centre-ville annonçaient le lancement d’un test avec la jeune société. L’objectif était de réduire leurs émissions de CO2, mais aussi de voir comment le vélo cargo pouvait faciliter le travail de leurs collaborateurs.

Philippe Lovens, l’un des fondateurs d’Urbike, se dit très satisfait des premiers résultats. «La conteneurisation tient toutes ses promesses», se félicite-t-il. La «conteneurisation», c’est cette technique développée par Urbike pour s’insérer au mieux dans la chaîne logistique. Les remorques tractées par les vélos sont de la taille d’une palette. Cela évite de devoir adapter en profondeur la chaîne logistique. Une palette peut être déchargée d’un camion dans un centre logistique, puis chargée directement sur un vélo pour être acheminée vers sa destination finale. «Notre intuition était bonne, le système fonctionne très bien», reprend Phlippe Lovens. «Nous réapprovisionnons notamment un magasin Fresh Atelier de Delhaize, nous faisons entre trois et cinq voyages par jour. Le gérant est content du système, qui est très réactif. Nous discutons maintenant avec Delhaize pour étendre ce mode de fonctionnement à d’autres Fresh Ateliers qui doivent ouvrir prochainement.»

Un bon moment pour le vélo

Urbike bénéficie également d’un bon créneau pour le vélo. Le nombre de cyclistes à Bruxelles a doublé en cinq ans, et des pistes cyclables sécurisées sont construites un peu partout dans l’agglomération. Le travail des coursiers à vélo s’en trouve largement sécurisé. Dans le même temps, les files ne diminuent pas, et les livreurs en camionnette passent souvent des heures coincés dans leurs véhicules, pendant que le client final attend sa livraison. Dans ces conditions, rien de bien étonnant à ce qu’Urbike séduise de nouveaux clients. La coopérative emploie pour le moment cinq livreurs, et s’attend à en engager deux de plus chaque mois d’ici la fin de l’année.

Belga

Changer les mentalités

Le constat, s’il est largement positif, s’accompagne toutefois de quelques difficultés. À côté de son travail de livraison «classique», Urbike accompagne des organisations désireuses de passer au vélo cargo. Elle accompagne ainsi quelques facteurs de Bpost. «Jusqu’ici, ils faisaient leur tournée à pied. Ils ont été équipés d’un vélo cargo, qui leur permet d’emporter plus de courrier avec eux. Ils évitent ainsi de devoir être réapprovisionnés en cours de route, et d’attendre un collègue en camionnette coincé dans les embouteillages.» Le gain de temps est estimé à 30%.

4.000 km

Depuis le lancement des opérations en juin dernier, les coursiers de la coopérative Urbike ont parcouru plus de 4.000 km dans Bruxelles.

 

Le bilan est satisfaisant, «car nous avons travaillé avec des gens volontaires pour le faire», souligne Philippe Lovens. «Mais les habitudes sont longues à changer. Les premiers tests nous apprennent que ce genre de transition ne peut fonctionner qu’à condition de partir de la base. Il faut que celle-ci soit demandeuse.» Un processus de ce type va être engagé avec une partie du personnel de la commune de Forest. Pour obtenir le soutien des travailleurs, qui sont les premiers utilisateurs de ces vélos, «pas question de leur forcer la main», notent les fondateurs d’Urbike. «Nous sommes là pour apporter des conseils, pas pour donner des leçons. Nous voulons montrer par l’exemple que travailler avec un vélo cargo est plus efficace.»