Urbike veut développer les livraisons à vélo dans Bruxelles

Ph. Urbike

Les livraisons en ville posent de plus en plus de problèmes: elles polluent, contribuent à la congestion urbaine, et ne sont pas toujours très efficaces, avec des camionnettes engluées dans le trafic ou qui stationnent au milieu de la route. Le projet BCklet, désormais en phase de test, vise à effectuer une partie de ces livraisons à vélo.

Et si le vélo était l’avenir des livraisons en ville? C’est le pari de la coopérative Urbike et du projet BCklet, qui viennent de lancer les premières livraisons par vélo-cargo en région bruxelloise. Quatre entreprises participent aux tests: Bpost, CSD Bruxelles, Delhaize et Multipharma. Les coursiers d’Urbike embarquent des remorques avec jusqu’à 200 kg de chargement.

« Nous sommes convaincus que la livraison à vélo est une solution efficace pour le transport sur le ‘dernier kilomètre’. Nous allons démontrer qu’elle offre une véritable solution pour ce dernier kilomètre, qui s’avère proportionnellement le plus coûteux tant économiquement qu’en termes d’impacts sur la mobilité et l’environnement », souligne Philippe Lovens, cofondateur d’Urbike. « Aujourd’hui, environ un véhicule sur dix qui circule dans Bruxelles est une camionnette qui fait de la livraison. Ils sont responsables de 25% des émissions de CO2 et 33% des émissions de particules fines. Le transport à vélo peut apporter une réponse à ce problème. »

Des clients tentent le coup

Quatre grandes entreprises ont accepté de tenter l’expérience. Delhaize compte sur les containers d’Urbike pour approvisionner son Fresh Atelier, un nouveau concept qui a ouvert à deux pas de la gare centrale. La flexibilité de la livraison à vélo doit permettre de réapprovisionner le magasin dès qu’il en a besoin, ce qui évitera de devoir consacrer trop d’espace au stockage.

Le livreur de repas à domicile CSD Bruxelles va également avoir recours à la livraison à vélo. « Jusqu’ici, on livrait les repas en camionnette. Il y a deux chauffeurs par véhicule, car on ne peut pas toujours se garer correctement », explique Céline Mercier. « On mise sur la livraison à vélo pour pouvoir s’approcher au plus près de chez nos clients. Avec la généralisation des zones piétonnes, on doit s’adapter. » L’entreprise estime aussi pouvoir faire quelques économies, puisque l’entretien d’un vélo-cargo est moins coûteux que celui d’un véhicule.

S’insérer dans la chaîne logistique

Si l’idée de livrer à vélo ne date pas d’hier, elle s’est souvent heurtée à la difficulté de s’insérer dans la chaîne logistique. Urbike compte sur la « conteneurisation » pour remédier à ce problème. « Nos remorques sont de la taille d’une palette », explique Philippe Lovens. « Il n’est donc pas nécessaire de revoir toute la chaîne logistique pour assurer les derniers kilomètres à vélo, c’est nous qui nous adaptons. » Concrètement, une palette peut être déchargée d’un camion dans un centre logistique, puis chargée sur un vélo pour être acheminée vers sa destination finale.

Le déploiement de cette solution à grande échelle pourrait éviter l’émission de 66.000 tonnes de CO2 à Bruxelles (soit 2% des émissions de la région). Le projet BCklet a reçu le soutien d’Innoviris, qui y voit également un moyen de réduire les problèmes de files, et de lutter contre la pollution aux particules fines.

Le statut des coursiers

Ph. Urbike

À partir de 2020, 115.000 livraisons à vélo sont prévues par an. Une vingtaine d’emplois « locaux et durables seront créés ». Urbike a l’ambition de démontrer qu’il est possible de concilier économie de plateforme et conditions de travail décentes pour les livreurs, alors que le secteur est souvent accusé d’exploiter les livreurs. La coopérative travaille en partenariat avec d’autres sociétés de livraison à vélo, et compte sur les conseils du monde coopératif.