Développement durable : menaces sur les océans

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Les écosystèmes marins sont mis sous forte pression par le développement humain. L‘Onu a fait de leur préservation l’un des 17 objectifs de développement durable.

Les écosystèmes marins ont un rôle essentiel pour la biodiversité, le climat, et, par extension, pour l’humanité. Pourtant, les mers et océans du globe font parfois figure de parent pauvre de la lutte pour la préservation de l’environnement. Ils sont aujourd’hui menacés par plusieurs types de pollution : plastique, hydrocarbure, bruits sous-marins…

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La guerre au plastique

Les objectifs de développement durable adoptés en 2015 ont donc accordé une place de choix aux océans. La communauté internationale est appelée à réduire la pollution marine de tous types, et notamment les déchets plastique. La Commission européenne vient d’annoncer des propositions afin de bannir un certain nombre de plastiques à usage unique, comme les bâtonnets de cotons tige, les pailles… En Belgique, Test-Achats a lancé hier une pétition demandant aux supermarchés de devancer ces normes à venir, dans la crainte que le processus législatif ne soit trop long. Plusieurs groupes industriels ont lancé des actions. La société Ecover a développé des flacons en plastique 100% recyclé et 100% recyclables.
Par ailleurs, de nombreux pays ont pris des mesures contre les sacs en plastique, qui avait le défaut de finir trop souvent en pleine nature et en mer. La Belgique interdit désormais la distribution de sacs à usage unique, à l’exception de quelques cas définis (boucherie et poissonnerie de grandes surfaces, par exemple). En Afrique, le Rwanda a opté pour une interdiction pure et simple.

Règlementer la pêche

La biodiversité marine est menacée par la pêche non réglementée. L’Onu appelle donc à règlementer les prises, afin de laisser les stocks se régénérer. Elle souhaite également que les Etats interdisent les pratiques de pêche les plus destructrices.

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Le Parlement européen a ainsi interdit la pêche électrique, une pratique particulièrement destructrice. Les ONG de protection de l’environnement déplorent toutefois qu’une dérogation a été accordée aux pécheurs néerlandais. L’objectif des Nations unies est de rétablir au plus vite les stocks de poisson à un niveau permettant un rendement constant maximal.

« Les microplastiques sont un problème pour la santé humaine »

La pollution aux microplastiques inquiète de plus en plus défenseurs de l’environnement et de la santé humaine. Entre autres solutions, Jeroen Verhoeven, chargé de mission pour Greenpeace, plaide pour une consigne sur les bouteilles en plastique.

Que sont les microplastiques ?

Ph. D.R.

«Ce sont de minuscules particules de plastique. Elles proviennent, de façon directe, des produits cosmétiques. Les producteurs ont pris l’habitude d’en ajouter dans les dentifrices, les crèmes… D’autres viennent de source indirecte. Elles sont issues de la dégradation des déchets en plastique que l’on trouve dans l’océan, qu’il s’agisse de pneu, de pailles, de meubles, de bouteilles…»

En quoi posent-ils problème ?

«A terme, on retrouve ces particules dans les animaux. Cela peut leur nuire. C’est aussi un problème pour les êtres humains, puisqu’on retrouve ces particules dans la chaine alimentaire, via les poissons et fruits de mer. Et elles ne voyagent pas seules : elles transportent avec elles des perturbateurs endocriniens, qui provoquent des problèmes de fertilité et sont cancérogènes.»

Quelles sont les solutions ?

«Il faut agir à plusieurs niveaux. Une solution est d’instaurer un système de consigne sur les plastiques. Il y a, en Belgique, de nombreux freins politiques à ce projet, et uniquement pour des raisons idéologiques, au nom de l’idée selon laquelle on doit imposer le moins de contraintes possible aux entreprises. Par ailleurs, nous espérons que la Belgique va soutenir la proposition récemment dévoilée par la commission européenne pour interdire les plastiques à usage unique. Cette directive doit être adoptée le plus vite possible.»

La ministre du Développement durable, Marie-Christine Marghem, se félicite d’être parvenue à un accord pour limiter les microplastiques dans les produits cosmétiques et détergents.

«Le problème de cet accord est qu’il n’est pas contraignant. Les fabricants peuvent donc continuer à faire ce qu’ils veulent… C’est dommage. Il est nécessaire de revoir les normes de fabrications des produits pour en bannir les substances problématiques. Il n’y a que comme cela qu’on parviendra à réduire la présence de microplastiques dans les océans.»