La qualité de l’air à Bruxelles inquiète Ecolo

Les seuils de particules fines recommandés par l’OMS sont régulièrement dépassés à Bruxelles. Cette situation à un impact important sur la santé des habitants.

Bruxelles est l’une des villes les plus polluées au monde. Selon les recommandations de l’OMS, la quantité de petites particules (PM10) ne devrait pas excéder 20 microgrammes par m³ d’air (µg/m³). Celle de particules fines PM2,5 devrait être inférieure à 10 µg/m³. La moyenne de PM10 et pourtant de 26 µg/m³, tandis que celle des PM2,5 atteint presque le double du seuil recommandé, à 18 µg/m³.

 

Ce matin, des responsables d’Ecolo se sont rendus sur l’avenue de la Couronne pour effectuer quelques mesures. Des pics de PM2,5 à 31 µg/m³ ont été enregistrés. «C’est d’autant plus inquiétant qu’il y a une école et une crèche sur cette avenue», déplore la coprésidente d’Ecolo, Zakia Khattabi. Sur cette avenue, également très fréquentée par les cyclistes, la moyenne des PM2,5 tourne autour de 23µg/m³ le matin. «À ce niveau, on est largement au-delà du seuil recommandé par l’OMS», note-t-elle. Ce seuil reste toutefois conforme aux recommandations européennes. «Le seuil recommandé est de 25 µg/m³. Il est urgent de s’aligner sur les normes de l’OMS.»

12.000 décès prématurés

«Cela n’est pas sans conséquence sur la santé des Bruxellois», reprend Perrine Ledan, qui est aussi candidate écologiste pour les élections législatives des Français de l’étranger. «La pollution, et notamment celle aux particules fines, favorise les cas d’infarctus, l’asthme, les maladies cardio-vasculaires…» Les derniers chiffres de l’OMS, qui datent de 2012, estiment à trois millions le nombre de décès prématurés provoqués dans le monde par la pollution de l’air. En Belgique, elle serait responsable de 12.000 décès prématurés, selon Ecolo.

 

Cette position fait écho aux recommandations de l’OMS. L’an dernier, de Docteur Carlos Dora soulignait que «lorsque la qualité de l’air s’améliore, les coûts sanitaires liés à des maladies dues à la pollution atmosphérique diminuent et l’espérance de vie augmente». Un constat qui le menait à recommander aux villes et gouvernement de faire la qualité de l’air une de leurs priorités.

 

Les propositions d’Ecolo pour améliorer la qualité de l’air

Le transport n’est pas l’unique responsable de la pollution de l’air, mais il en est l’un des principaux responsables. Pour la coprésidente d’Ecolo, Zakia Khattabi, des mesures doivent être prises. «Le plus urgent, c’est d’offrir la gratuité des transports en commun les jours de forte pollution», souligne-t-elle. Elle ne voit pas d’un mauvais œil l’idée étudiée par d’autres villes d’interdire les centres-villes aux véhicules ne répondant pas aux normes Euro 6. D’autres mesures doivent apporter des solutions à long terme. «Il faut penser une autre politique de mobilité. Il est impératif de finir le RER, et de développer les transports en commun et les pistes cyclables.»