Qu’est-ce qu’une «Picke me girl», cette fille détestée sur les réseaux sociaux?

Qu’est-ce qu’une «Picke me girl», cette fille détestée sur les réseaux sociaux?
Kendall Jenner / Instagram ©

On les appelle les « Pick me girl ». Elles disent aimer les jeux vidéo, ne jamais porter de maquillage et, surtout, ne pas être comme « toutes les filles ». Un terme qui définit ces personnes essayant de se faire apprécier, « d’être choisies », par d’autres en changeant leur personnalité et en rabaissant leurs concurrents. Sur TikTok, le hashtag #PickMeGirl a atteint 1,7 milliard de vues tandis que #PickMe affiche 3,4 milliards de vues. Une véritable tendance qui se cache derrière ces mots-clés pour dénoncer le comportement de ces personnes. L’expression « Pick me girl », cette fille qui veut être choisie, est le plus souvent associée aux femmes cisgenres souhaitant attirer l’attention des hommes qu’elles convoitent en mettant en avant leur amour pour des activités considérées comme étant « masculines » tout en dénigrant d’autres femmes.

Une tendance sur TikTok

Sur le réseau social chinois, les utilisateurs ne se privent pas pour dénoncer ces comportements qualifiés de toxiques et de misogynes. De nombreuses vidéos listent les différentes situations pour mieux reconnaître une « Pick me girl » : « Ne sois pas en colère contre moi pour ne pas être comme toutes les autres filles », « Je m’entends très bien avec les garçons », « Je préfère être avec les garçons parce qu’il n’y a pas d’histoires »… Comme beaucoup d’autres créatrices de contenus, l’utilisatrice @trippiereed a publié une série de vidéos où elle reproduit le discours attribué aux « Pick me girls » pour mieux dénoncer ces réflexions sexistes. Une imitation qui fait mouche auprès des internautes : « Pourquoi est-ce tellement juste ? », a commenté un utilisateur, « Je viens de réaliser que ma camarade de classe est une pick me », a confié un autre internaute.

Même en politique

Pourtant, si les exemples pour dénoncer le comportement toxique des « pick me girls » ne manquent pas sur la plateforme, les critiques ne se résument pas aux relations amoureuses et amicales mais également à leurs convictions politiques. Dès 2021, l’utilisatrice @mosesbabyyy expliquait déjà ce phénomène en prenant comme exemple les femmes contre le droit à l’avortement. Selon elle, ces dernières font partie des « Pick me girls » en préférant soutenir un système patriarcal au détriment des droits des femmes : « Quand vous soutenez la suppression des droits des femmes, vous soutenez le patriarcat et les vieux hommes blancs qui dirigent le pays et ne croient pas que les femmes devraient avoir des droits. Si vous êtes une femme et que vous ne croyez pas aux droits des femmes, c’est 1, embarrassant, et 2, cela fait de vous une pick me pour les vieux hommes blancs qui dirigent ce pays. Vous cherchez l’approbation à ce stade. »

Une critique sexiste ?

Mais alors, aimer les jeux vidéo et être amie avec des hommes, fait-il de vous une « pick me girl » ? Sur les réseaux sociaux, les utilisateurs font bien la distinction entre les préférences de chacune et ce qui caractérise une « pick me girl » : « c’est seulement une « pick me » si quelqu’un fait des efforts pour rabaisser les autres femmes, avoir des amis masculins n’a rien à voir avec ça. », a expliqué un internaute sur TikTok. « Une « pick me » est une femme qui rabaisse les autres femmes pour se faire mieux voir des hommes. c’est tout. Les gens l’utilisent trop librement. », a ajouté Amanda, une utilisatrice sur TikTok.

Malgré tout, pour beaucoup, l’utilisation de l’expression « pick me girl » reste sexiste puisqu’elle ne s’attaque qu’à ces femmes mettant en avant leurs hobbies considérés traditionnellement comme masculins selon la société patriarcale. Un bon exemple a été porté par le compte @fluentlyforward et sa comparaison entre Kendall Jenner, labellisée sur les réseaux sociaux comme LA « pick me girl » ultime et Cara Delevingne qui ne subit pas le même traitement en ligne. Pour Shannon MacNamara, la créatrice du podcast Fluently Forward spécialisé dans la pop culture, la top model doit ce passe-droit à son orientation sexuelle. Etant Queer, Cara Delevingne ne subit pas la stigmatisation des loisirs considérés plus masculins que d’autres comme le gaming ou encore son comportement souvent qualifié d’excentrique : faire des grimaces sur des photos ou arborer des tenues amusantes plutôt que sexy. « Une partie du problème réside dans le fait que nous utilisons encore des étiquettes archaïques spécifiques au genre pour les activités. Qu’est-ce qu’un garçon manqué et pourquoi est-ce que c’est encore une étiquette ? », a souligné un utilisateur sur TikTok.