Le tricot cartonne auprès des jeunes: comment expliquer ce succès?

Qu’on se le dise: le tricot n’est plus réservé aux seniors! Le tricot s’impose comme une tendance forte sur les réseaux sociaux, à commencer par TikTok.

par
ETX
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Un point endroit, une maille envers, et on répète… Activité préférée de mémé il y a encore quelques années, le tricot fait aujourd’hui l’unanimité auprès des hommes, comme des plus jeunes générations, au point de s’imposer comme une activité star sur les réseaux sociaux. Chose que l’on doit à ses vertus anti-stress, ainsi qu’à un engouement grandissant pour le DIY et la slow fashion. Explications.

Même les hommes s’y mettent

Non, le tricot n’est pas – ou plus – réservé aux seniors! Qu’on se le dise, l’image de cette technique vieille de plusieurs siècles a depuis quelques années été dépoussiérée pour s’imposer auprès des générations les plus jeunes, mais pas que… Une étude menée par Opinion Way pour PP Yarns & Co, révélée en septembre dernier, prouve que le tricot est tendance, et ce auprès de nouvelles cibles, dont les hommes et les générations Y et Z. En détail, plus d’un tiers des moins de 35 ans (34%) affirment aujourd’hui pratiquer le tricot, tout comme 32% de ces messieurs. Des chiffres qui témoignent de l’engouement grandissant pour cette pratique remise au goût du jour depuis le début de la pandémie.

Le tricot est tendance sur TikTok

La preuve, le tricot s’impose comme une tendance forte sur les réseaux sociaux, à commencer par TikTok, média social prisé par les plus jeunes générations. Le hashtag #knitting – comprendre ’tricot’ – a généré à ce jour pas moins de 1,8 milliard de vues sur le réseau social chinois, et c’est sans compter sur ses dizaines de déclinaisons dont la plupart cumulent plusieurs millions de vues. On y retrouve des utilisateurs se filmant simplement en train de tricoter, des challenges, des vêtements et objets fabriqués à la main via la technique du tricot, et davantage encore des astuces et des tutoriels. Autant de vidéos qui témoignent de la volonté des plus jeunes de s’adonner à des activités manuelles avec, selon les utilisateurs, des objectifs aussi divers que variés.

Les raisons du succès

Si l’on peut comprendre pourquoi le commun des mortels s’est remis au tricot pendant la pandémie – et par là on sous-entend les confinements – on peut toutefois se demander ce qui a permis à la pratique de perdurer au-delà de la crise sanitaire. D’après le sondage présenté par PP Yarns & Co, le tricot serait une source de bien-être, de détente, et même de déconnexion. Plus des trois quarts des répondants (76%) affirment que c’est une activité qui détend, tandis que près des deux tiers (63%) vont jusqu’à confier qu’elle a un impact positif sur leur santé. Au regard de la hausse des troubles de l’anxiété observée chez les plus jeunes générations, on peut considérer que ce retour au tricot arrive à point nommé.

Mais le tricot apparaît également comme une réponse à certains enjeux environnementaux, notamment dans le domaine de la mode. Pour plus des trois quarts des Français (77%), le tricot est bénéfique pour l’environnement. Une raison qui pousse plus particulièrement les jeunes à se lancer dans le tricot, puisque 36% des sondés de moins de 35 ans considèrent que «l’attrait environnemental» du tricot est particulièrement important. Une poignée de répondants va encore plus loin en affirmant que «le tricot limite la production et l’achat de vêtements neufs et permet de revenir à un circuit plus court et de limiter les comportements de surconsommation» (22%).

Le tricot accessible à tous

Si l’apprentissage du tricot relevait autrefois d’une transmission d’une génération à une autre, il est aujourd’hui très facile de s’initier à la technique, les comptes dédiés se multipliant à vitesse grand V sur les réseaux sociaux. L’un des plus connus reste celui de la marque We Are Knitters, suivie par plus de 700.000 abonnés sur Instagram, qui propose de la laine, des kits, et des patrons, mais aussi des conseils et astuces pour apprendre les bases du tricot. Le tout rythmé par les réalisations de passionnés, amateurs, ou débutants dans le tricot.

Mais les réseaux sociaux ont aussi vu émerger ces dernières années une foule d’influenceurs, de collectifs, et autres marques de tricot, bien décidés à partager leur savoir-faire – et leur passion – au plus grand nombre. C’est le cas d’Alice Hammer, de Wool And The Gang, In The Wool For Love, Trendy Tricot, ou encore Mademoiselle Quincampoix, entre autres, qui cumulent à eux tous des dizaines de milliers d’abonnés. Propice au retour des habitudes et pratiques d’antan, l’époque pourrait bel et bien propulser le tricot au sommet des activités les plus prisées, et ce définitivement.