Qu’est-ce que le «No Nut November»?

Qu’est-ce que le «No Nut November»?
Ph. Unsplash

On connaissait déjà le Movember. Le but ? Ne plus se raser la moustache durant le mois de novembre pour récolter des fonds et sensibiliser aux problèmes de santé qui touchent les hommes comme le cancer de la prostate et des testicules. En 15 ans, ce défi moustachu s’est imposé aux quatre coins du monde et Movember a permis de financer plus de 1.000 projets dans une vingtaine de pays.

Mais cette année, un autre défi fait le tour des réseaux sociaux : le Not Nut November (NNN pour les intimes). À vrai dire, il n’est pas nouveau, mais en 2022, il est en train de prendre une autre dimension, notamment à cause de TikTok. Comme le Movember, le Not Nut November s’adresse aux hommes. Mais vous allez le voir, les femmes risquent aussi d’être concernées !

En quoi consiste le No Nut November ?

Le principe est à la fois simple et extrêmement compliqué. Les hommes qui décident de participer à ce défi ne peuvent pas éjaculer pendant 30 jours. Cela vaut aussi bien pour la masturbation que pour les relations sexuelles. Ici, il n’est pas question de sensibilisation à la santé masculine ou de récolte de fonds. Le principal objectif de ce mois d’abstinence serait… un véritable feu d’artifice en décembre et de maximiser.

Des bienfaits ?

Certains voient des bons côtés au Not Nut November. C’est notamment le cas de l’urologue Patrick Constancis. « Avec sa ou son partenaire, on joue alors sur la tendresse, la préparation et le côté fantasmatique », avait expliqué le spécialiste l’an dernier à 20 Minutes. Bref, il faut se réinventer sans éjaculer. Pour certains addicts, le NNN est une opportunité d’essayer de ne plus fréquenter de sites pornos.

« Certains pratiquent le No Nut November pour renouer avec leur corps, pour retrouver leur libido, pour reconquérir un plaisir perdu, afin de se réserver pour un début de mois de décembre plus torride avec son ou sa partenaire », explique de son côté un membre de la communauté francophone de Nofap.

« On n’est pas loin du débile »

« Je ne suis pas sûr que ce soit très bon psychologiquement. Et physiologiquement, ce n’est sûrement pas neutre. Pour le sperme par exemple, sa qualité est moins bonne au bout de 4 à 5 jours. Il n’est donc pas meilleur si on attend pour avoir des rapports sexuels. Au contraire, c’est même l’inverse », indique quant à lui le Dr Antoine Faix, urologue, andrologue et sexologue de l’Association française d’urologue au Journal des Femmes. Il va même plus loin en indiquant qu’avec ce défi « on n’est pas loin du débile ».

Dans l’émission Quotidien de ce 1er novembre, Maïa Mazaurette a également à rappeler que le fait d’éjaculer régulièrement permettait de se protéger du cancer de la prostate.

En fait, à l’approche de la Coupe du monde, les seuls qui auraient intérêt à participer au Not Nut November sont peut-être les Diables Rouges. En effet, une étude israélienne publiée en juillet dernier a montré que les joueurs de foot qui avaient un rapport sexuel la veille d’un match courraient moins vite !

Attention au syndrome des couilles bleues !

Enfin, voici un dernier argument qui devrait vous convaincre de ne pas participer au No Nut Challenge. En novembre 2021, l’urologue américaine Rena Malik publiait une vidéo intitulée « Est-ce que la science soutient le No Nut November ? ». Elle revenait notamment sur les risques liés à la rétention du sperme et sur le syndrome des couilles bleues. « Vous avez certainement entendu parler des couilles bleues bien qu’il y ait très peu d’études à ce sujet. Ce qui se passe, c’est que quand vous avez une érection, il y a un afflux sanguin dans les testicules qui cesse après l’éjaculation, détaille Rena Malik. Si vous n’éjaculez pas, la pression augmente et cela donne ce que nous appelons les couilles bleues. Pour certaines personnes, cela peut être très douloureux », souligne l’experte dans une vidéo déjà vue plus de 3,3 millions de fois.