Un seul test sanguin permettra-t-il bientôt de détecter de nombreux cancers, même sans symptôme?

Un seul test sanguin permettra-t-il bientôt de détecter de nombreux cancers, même sans symptôme?
AFP / L. Robayo

Vous vous souvenez peut-être d’Elizabeth Holmes. Cette Américaine avait créé une start-up qui promettait de révolutionner les tests sanguins avec sa start-up Theranos. Au plus fort, son entreprise était valorisée à près de 10 milliards de dollars. Problème, en 2015, le Wall Street Journal avait révélé que sa start-up n’était qu’un immense pot aux roses et que la fabuleuse machine promise par Theranos n’a jamais fonctionné. En janvier dernier, Elizabeth Holmes a d’ailleurs été reconnue coupable d’escroquerie envers des investisseurs qui ont été bernés par sa start-up.

Détecter le cancer le plus tôt possible

Aujourd’hui, c’est un autre test sanguin d’un nouveau genre qui fait parler de lui, pour la bonne cause cette fois. Comme le rapporte le Guardian, le test Galleri permettrait de détecter jusqu’à 50 cancers grâce à un simple échantillon sanguin. Pour réaliser cet exploit, le test part à la recherche de modifications chimiques dans des fragments d’ADN qui s’échappent des tumeurs et se trouvent dans le sang. De quoi détecter des cancers même chez les personnes qui n’ont pas de symptôme afin de commencer le traitement le plus tôt possible.

Pour tester l’efficacité de ce test, les données sanguines de 6.621 adultes âgés de plus de 50 ans et a priori en bonne santé ont été analysées. Sur ces 6.621 échantillons sanguins, 92 sont revenus positifs pour un potentiel cancer. Parmi ceux-ci, 35 cas de tumeurs ou de cancer du sang ont été confirmés par des analyses approfondies. Un test a même permis de détecter deux tumeurs chez une femme qui souffrait d’un cancer de l’endomètre et du sein. La plupart du temps, les cancers ont été détectés à un stade précoce, ce qui augmente fortement l’efficacité du traitement.

La localisation prédite

Les chercheurs fondent également beaucoup d’espoir dans ces tests car ils permettent aussi de prédire la localisation du cancer. D’après Deb Schrag, une docteure ayant participé à l’étude, il fallait généralement seulement trois mois après le test pour réaliser un bilan complet du cancer des patients. « Je pense que ce qui est excitant dans ce nouveau concept, c’est que beaucoup d’entre eux étaient des cancers pour lesquels nous n’avons aucun dépistage standard », se réjouit-elle également.

Si ces résultats sont positifs, les tests doivent encore être améliorés avant d’être commercialisés. Une nouvelle analyse étudiant les données de 165.000 personnes est prévue l’année prochaine en Grande-Bretagne.