L’étiopathie, une médecine douce qui séduit de plus en plus

L’étiopathie, une médecine douce qui séduit de plus en plus

L’étiopathie a été inventée dans les années 60 en France par Christian Trédaniel. Après 20 ans de recherche, ce dernier a créé une nouvelle discipline qui veut s’attaquer à la cause des symptômes pour soigner la douleur durablement. Elle se distingue là d’autres méthodes existantes qui « suppriment souvent des mêmes effets visibles et mesurables, mais, ne remontant pas à leur véritable origine, exposent les patients à de nombreuses rechutes », explique l’Institut Français d’Etiopathie (IFE) sur son site. Cousine de l’ostéopathie, elle s’inspire de la tradition dite du « reboutement », qui permet de soigner certains maux exclusivement à l’aide du toucher et de la palpation. De façon générale, les étiopathes affirment être autant utiles pour des enfants de bas âge que des personnes âgées, grâce à une thérapie « sur-mesure » pour chaque patient. Depuis son invention il y a presque 60 ans, quatre instituts privés français proposent des formations de six ans en étiopathie.

C’est que cette nouvelle médecine douce, annoncée comme complémentaire à la médecine classique, est pleine de promesses. Problèmes vertébraux, troubles urinaires, digestifs, gynécologiques ou ORL… Tous ces maux seraient traitables par l’étiopathie. Durant une séance type, qui dure généralement entre 20 et 30 minutes, l’étiopathe interroge dans un premier temps le patient sur les symptômes et la douleur qu’il ressent. Cela va lui permettre de poser un diagnostic. Une fois ce dernier posé, l’étiopathe effectuera plusieurs manipulations pour soigner durablement le patient, le tout sans pommade, crème ou autre outil. Plusieurs séances sont généralement requises pour voir l’éventuelle évolution des troubles et obtenir un effet optimal. Si l’étiopathe conclut que la pathologie échappe au champ d’action de l’étiopathie, le patient est réorienté vers un praticien compétent.

« Se remettre en question »

En Belgique comme en France, l’étiopathie ne connaît pas de reconnaissance officielle auprès des professionnels de la santé. Mais la pratique intrigue, comme le prouve ce rapport rédigé par l’Institut national français de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Il demandait aux étiopathes de fournir des études scientifiques attestant des bienfaits de leur profession. Ce que ces derniers n’ont pas réussi à prouver. « L’interrogation de la littérature scientifique médicale et la consultation des documents fournis par les étiopathes n’ont pas permis d’identifier d’études apportant des données probantes quant à la validité du diagnostic étiopathique ou à l’efficacité thérapeutique ou à la sécurité de l’étiopathie », dénonce le rapport. Par conséquent, l’Inserm ne peut « s’assurer de la sécurité de la pratique » et dénonce « des événements indésirables rares mais graves ». Il poursuit en affirmant que la profession doit « absolument se remettre en question » dans « l’intérêt des patients qui y font appel ». « Il en va de sa légitimité ».

Dans un article du média 20 Minutes de janvier dernier, l’IFE avait réagi à ces critiques. Il affirmait vouloir créer un comité de vigilance dans lequel seraient répertoriés les « effets indésirables » de l’étiopathie et « leur fréquence ». Il promettait aussi des essais cliniques pour confirmer l’efficacité de cette médecine douce.