Le sexting a plus que jamais la cote auprès des jeunes

Le sexting a plus que jamais la cote auprès des jeunes
Ph. Pexels

Selon un récent sondage réalisé en ligne par la RTBF, 49 % des jeunes âgés entre 16 et 30 ans ont déjà envoyé un sexto et 59 % en ont déjà reçu. Un jeune sur deux pense qu’envoyer un sexto est positif pour les relations amoureuses. Et un quart des jeunes a par ailleurs déjà fait l’amour virtuellement.

Autre question posée lors de ce sondage : Sexter, est-ce tromper ? Oui, pour 67 % des jeunes interrogés. Seulement 5 % d’entre eux ont avoué avoir échangé des sextos avec quelqu’un d’autre que leur partenaire. Il y a les simples messages coquins mais les photos sexy aussi ont de plus en plus la cote ! Selon l’enquête, 42 % des jeunes ont déjà envoyé un « nude » et 49 % en ont déjà reçu.

L’effet du confinement

D’où vient ce succès grandissant ? Même si la pratique était déjà bien installée à l’ère du numérique, le confinement a accéléré la modification des habitudes des jeunes en matière de sexe. Confinés, ils ont dû trouver un autre moyen de s’aimer. Pendant de nombreux mois, le virtuel a été la solution de nombreux de jeunes pour sauver leur relation de couple. Le confinement a également engendré du stress qui s’est transformé en excitation. Selon une étude réalisée par Khoros au début du confinement, les tweets contenant à la fois les termes « nudes » ou « dick pics » (un « nude » reçu de manière non consentie) apposés au mot coronavirus avaient augmenté de 384 % en 30 jours. Et visiblement, même après le déconfinement, les jeunes ont gardé leurs habitudes coquines.

Pas si sexuel

Mais quelle est la véritable raison qui pousse les gens à envoyer des textos torrides ? S’agit-il simplement d’exciter l’autre ou cela va-t-il plus loin ? Selon des chercheurs de la Texas Tech University, deux tiers des personnes (âgées entre 18 et 69 ans) qui envoient des sextos le feraient pour des raisons non sexuelles. Quand on leur pose la question, trois raisons arrivent à égalité. La première est la plus logique et certainement la plus saine : Les sextos sont utilisés comme une sorte de préliminaire. Mais les deux autres raisons sont bien plus surprenantes, voire interpellantes. Les personnes enverraient des sextos pour se rassurer et maintenir leur relation à flots. D’autres personnes le feraient aussi pour obtenir une faveur, comme une invitation au resto par exemple. Cela veut dire que de nombreuses personnes enverraient des sextos « sans vraiment le vouloir, pour soulager une anxiété ou obtenir quelque chose en échange », relèvent les auteurs de cette étude.

Séduits mais prudents

Si les sextos et nudes séduisent de plus en plus, les jeunes restent toutefois prudents et ne les envoient pas à la légère. Afin de se protéger, un jeune sur deux ne montre presque jamais son visage sur un nude. Une bonne idée quand on sait que 22 % de ceux qui pratiquent le sexting ont déjà été victimes d’un chantage au nude. Le sondage de la RTBF nous apprend encore que 9 % des hommes ayant reçu des photos intimes les ont déjà transmises à des tiers sans le consentement de la personne concernée. Une jeune femme sur deux a par ailleurs déjà reçu une « dick pic ». Des chiffres particulièrement interpellants !

Cyberflashing et revenge porn, est-ce légal ?

Il n’existe aucune jurisprudence en Belgique concernant le cyberflashing. Il ne constitue donc pas à proprement parler d’un délit. Mais envoyer une image « afin d’importuner son correspondant » tombe sous le coup de l’article 145 bis de la loi du 13 juin 2005 relative aux communications électroniques.

Par exemple, si vous recevez une photo de pénis en érection, il faudra prouver que la personne qui vous a envoyé cette image l’a fait pour vous nuire. Si les faits sont reconnus comme une infraction, l’auteur peut encourir une peine de 15 jours et 2 ans d’emprisonnement ainsi qu’une amende allant de 20 à 300 €.

On ne peut donc parfois pas faire grand-chose lorsque l’on reçoit une dick pic car l’exhibitionnisme ne constitue pas un délit chez nous. C’est par contre le cas en Angleterre, au Pays de Galles ou encore au Texas, par exemple.

Par contre, le revenge porn est bel et bien un délit chez nous depuis avril 2020. Il consiste à diffuser des images de nus ou à caractère sexuel sans l’autorisation de la personne qui apparaît sur ces images. Une circonstance aggravante est prévue quand il y a diffusion de telles images pour une intention méchante ou un intérêt économique. L’auteur risque une peine d’emprisonnement de six mois à cinq ans et une amende allant de 200 à 15.000 €.

Si vous êtes victime de revenge porn, n’hésitez pas à prendre contact avec l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes pour vous aider dans vos démarches et à porter plainte à la police.