La nano et la micro-influence se font une place sur les réseaux sociaux

La nano et la micro-influence se font une place sur les réseaux sociaux
Ph. Unsplash

Il y a quelques semaines, plus de 150 influenceurs se réunissaient dans un avion entre Montréal et Cancun, pour une fête très sélecte et privée. L’affaire allait même jusqu’à faire réagir le Premier ministre Justin Trudeau, qui se désolait que des leaders d’opinion ne montrent pas l’exemple, dans une période où le respect des gestes barrières est indispensable. Bien loin de cette réalité, il existe un nouveau terme qui désigne les influenceurs disposant d’une plus petite communauté, à savoir les nano et micro-influenceurs.

Une activité commencée en plein confinement

Parmi eux, Louise Peeters (@loupeeters), une jeune étudiante bruxelloise de 24 ans, a débuté cette aventure grâce à sa passion pour le seconde main. Pas question de vivre de son compte Instagram suivi par un peu plus de 5.600 abonnés, puisqu’il s’agit plutôt d’une activité complémentaire dans laquelle elle s’épanouit, elle qui s’est lancée « un peu par hasard » : « Lors du premier confinement, je me suis rendue dans une friperie et c’était une caverne d’Ali Baba. En discutant avec le tenancier, j’ai appris qu’il devrait bientôt fermer à cause de la pandémie, et j’ai donc décidé de l’aider en essayant de faire un max de pub. Les gens ont accroché et la friperie a rebondi grâce à cela, ce qui m’a donné envie de promouvoir des créateurs que l’on connaît moins. »

Au quotidien, ce compte Instagram prend du temps, mais n’en est pas pour autant dévorant : « Etant étudiante, je suis encore souvent dans les transports et je rentabilise ce temps au profit de mon compte Instagram. Je ne suis pas vissée à mon téléphone, mais je suis réactive parce que j’aime que les choses soient faites rapidement. En fait, je considère ça comme un job étudiant. J’essaie que cela n’empiète pas trop sur ma vie privée et, si c’était le cas, je reconsidérerais les choses. »

Une mine d’or pour les marques

Si les plus grands influenceurs français et, dans une moindre mesure, belges, comptent des millions d’abonnés, un micro-influenceur ne compte « que » quelques milliers de suiveurs sur les réseaux sociaux. Mais pour les marques, il n’est pas inintéressant de collaborer avec ces influenceurs à plus petite échelle, qui touchent tout de même une communauté conséquente, à des prix beaucoup plus abordables.

Louise n’a donc aucun souci pour trouver des marques avec lesquelles elle peut collaborer : « 80 % de mes collaborations passent par mon agence, qui me facilite la vie. Ils savent ce qui me convient et ce qui correspond à ma communauté. À côté de cela, des marques me contactent parfois directement par e-mail ou sur mon compte et je décide seule si j’ai envie de cette collaboration. »

Toutefois, il reste important d’avoir une communauté grandissante pour conquérir des marques de plus en plus intéressantes : « Je ne me suis jamais mis de pression au niveau du nombre d’abonnés, mais c’est sûr que ça entraîne une forme de légitimité, notamment avec les marques. Si notre communauté est importante, elles nous prennent au sérieux et acceptent plus facilement de nous rémunérer. Mais je produis mon contenu avant tout pour plaire à la communauté que j’ai déjà. »

Dans une société où l’on consulte de plus en plus des avis externes avant d’émettre son propre jugement, les nano et micro-influenceurs représentent une personne vers qui le consommateur peut se tourner. On estime que 87 % des consommateurs se renseignent auprès d’un tiers au moins durant leur processus d’achat, ce qui rend l’avis de Louise, mais aussi celui des milliers d’autres influenceurs, particulièrement important pour les marques.