La fin du port du masque obligatoire fait naître un nouveau syndrome du visage vide

La fin du port du masque obligatoire fait naître un nouveau syndrome du visage vide
Ph. Unsplash

Le « syndrome du visage vide » est une peur de ne plus porter de masque buccal en public. Après de longs mois à le porter en toutes circonstances (en fonction des périodes de la crise), certains jeunes vivent mal le fait de ne plus avoir cette forme de protection dans les lieux publics. C’est dans « El Periodico » que la psychologue Georgina del Valle a utilisé le terme pour désigner ce phénomène.

Dans les colonnes du Huffington Post, la psychopédagogue Brigitte Prot explique qu’elle préfère le terme de visage « nu ou découvert ». « Vide, ça supposerait que quand on n’a pas de masque, notre visage est vide, au contraire, c’est là qu’il est plein. Avec le masque, on ressemble à tout le monde. Excepté le regard, c’est toute une partie du visage qui est vide », précise-t-elle.

Une prise de conscience

Toujours pour l’HuffPost, Aline Nativel Id Hammou, psychologue clinicienne, explique : « Dans ma pratique, je retrouve plus des adultes que des enfants et des adolescents, car chez les adultes, il y a peut-être une prise de conscience plus forte des conséquences du Covid, de cette question de la responsabilité. La plupart des enfants et des ados sont très contents qu’il n’y ait plus le masque, c’est une forme de libération et d’apaisement. »

« L’adolescence, c’est une période où ils ont besoin d’intimité, mais ils ne l’ont pas dans la société actuelle, car ils se filment sans cesse. Il y a beaucoup d’images d’eux qui circulent, notamment sur les réseaux sociaux. Enlever le masque, c’est être à découvert. Sans le masque, les ados sont beaucoup plus exposés. Ça peut leur donner des complexes, surtout que leur physique change beaucoup », ajoute Brigitte Prot.

Pour Alince Nativel Id Hammou, l’essentielle dans l’apparition de ce nouveau syndrome c’est de relativiser : « Cette liberté de pouvoir enlever le masque, on la vit tous que depuis quelque temps, c’est un syndrome réactionnel à la crise sanitaire qu’on a vécue, comme le syndrome de la cabane. On s’est tous plus ou moins adaptés à la crise sanitaire, avec un conditionnement aux gestes barrières, où ça fait deux ans qu’on nous dit que c’est très important. Il faut donc laisser le temps au public de se réadapter vers une nouvelle norme d’après. »