DOSSIER RISQUE NUCLÉAIRE: «240 stations de mesure contrôlent en permanence la qualité de l'air dans toute la Belgique»

DOSSIER RISQUE NUCLÉAIRE: «240 stations de mesure contrôlent en permanence la qualité de l'air dans toute la Belgique»

À l'occasion de cette campagne, nous avons donné la parole à un certain nombre d'experts en radioactivité et sécurité nucléaire.

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On ne peut pas produire sans fin de la radioactivité et des rayonnements. Pour protéger les citoyens, l'environnement et les personnes qui travaillent sur des sites nucléaires par exemple, les autorités publiques ont créé l'Agence fédérale de Contrôle nucléaire (AFCN). Elle effectue des contrôles et nous informe sur la radioactivité. Les explications des experts de l'AFCN, Lodewijk Van Bladel, Simon Coenen, Petra Willems et Christian Vandecasteele.

Qui peut utiliser la radioactivité?

«Pour utiliser ou transporter des substances radioactives, vous avez besoin d'une autorisation dont vous devez faire la demande auprès de l'AFCN. L'AFCN contrôle si cette personne a une formation suffisante et respecte toutes les mesures de sécurité.»

Comment se passent les contrôles?

«Plus l'impact d'un accident éventuel est grand, plus nos contrôles sont fréquents. Un dentiste qui utilise des rayonnements ionisants pour des radiographies est contrôlé chaque année par un expert. Dans la centrale nucléaire de Doel, par contre, nous sommes présents pratiquement tous les jours, car les conséquences d'un accident nucléaire y seraient beaucoup plus grandes. Le transport de matériaux radioactifs est aussi strictement contrôlé. Le chauffeur est-il prudent et les véhicules sont-ils en ordre? Les installations médicales sont aussi minutieusement contrôlées par un technicien. L'AFCN se préoccupe aussi des travailleurs sur les sites nucléaires. Ils sont régulièrement examinés par un médecin du travail spécialisé et portent un appareil (un dosimètre) qui mesure en permanence de façon détaillée la quantité de rayonnement dans leur environnement.

Nous effectuons tant des contrôles systématiques que réactifs, par exemple après une plainte, ou si nous remarquons que les gens sont inquiets. L'inquiétude peut en effet nuire à la sécurité.

Outre ces contrôles, nous sommes aussi grandement aidés par les stations de mesure. Il en existe près de 240 dans toute la Belgique. Toutes les 10 minutes, elles nous envoient automatiquement un état de lieux de la radioactivité dans l'air. D'ailleurs, tout le monde peut le consulter en temps réel via www.telerad.be.

Les entreprises de recyclage ou les hôpitaux effectuent en outre aussi leurs propres contrôles. Des portiques détectent les déchets radioactifs égarés, de façon à ce qu'ils n'atterrissent pas par accident au beau milieu d'autres déchets dans un incinérateur.»

Que se passe-t-il en cas de mesure anormale?

«Les stations de mesure nous préviennent automatiquement, et nous partageons aussi toutes les informations avec d'autres pays européens. Si, quelque part en Europe, des valeurs alarmantes devaient être constatées, nous pouvons prendre des mesures et, si nécessaire, activer un plan d'urgence avant que le nuage radioactif n'arrive dans notre direction.»

Comment le citoyen est-il informé de la radioactivité?

«La radioactivité est quelque chose d'inconnu. Vous ne pouvez pas la voir, sentir, entendre, goûter ou toucher, et donc ça fait peur à certaines personnes. Nous voulons informer tout le monde des risques potentiels, mais sans semer la panique. C'est la raison pour laquelle nous menons régulièrement des campagnes d'information, par exemple sur le radon. C'est un gaz radioactif, qui se forme via l'uranium dans le sol et dans des roches. Surtout dans des endroits où il y a du granite dans le sol, comme dans les Ardennes, le gaz peut s'accumuler via des fissures dans les maisons. Nous conseillons de prévoir une bonne ventilation des fondations et vous pouvez commander chez nous un test afin de mesurer la concentration de radon dans votre maison. Dans le cadre de notre campagne de sensibilisation « Evitez les rayons pendant la grossesse »   , des affiches ont été diffusées dans les cabinets médicaux. Elles demandent aux femmes de mentionner à chaque consultation chez un médecin qu'elles sont (peut-être) enceintes, car elles –en fait leurs bébés à naître- constituent un groupe à risque.

Dans les situations d'urgence aussi, l'AFCN veille à protéger au mieux la population, les travailleurs et le personnel d'intervention en donnant des avis éclairés.»

Vous voulez en savoir plus sur le risque nucléaire et sur ce que vous pouvez faire en cas d'accident nucléaire? Venez le découvrir sur www.risquenucleaire.be

 

Demain dans Metro

Hans De Neef du Centre de crise fédéral revient sur les tout derniers développements du plan d'urgence nucléaire.