Quelle est l’empreinte carbone d’un smartphone, d’un ordinateur ou d’une tablette avant même son utilisation?

Quelle est l’empreinte carbone d’un smartphone, d’un ordinateur ou d’une tablette avant même son utilisation?
Ph. Unsplash

Vous êtes-vous déjà demandé à combien s’élevait l’empreinte carbone d’un smartphone, d’un ordinateur ou d’une tablette avant même son utilisation ? Une étude commandée par le groupe parlementaire européen des Verts/ALE et pilotée par Frédéric Bordage- fondateur du collectif GreenIT et auteur de plusieurs ouvrages sur la sobriété numérique- a exploré cette question sur le territoire européen.

L’impact considérable du processus de fabrication

Utilisation des métaux rares, consommation d’énergies fossiles, écotoxicité, contribution au changement climatique… Au total, huit indicateurs environnementaux ont été passés au crible. « En raison de l’imprécision des données, les impacts sur l’utilisation des sols et la consommation d’eau n’ont pas été calculés », précise l’étude, dévoilée la veille de la Journée mondiale du climat, prévue le 8 décembre.

L’idée était ensuite d’analyser chacun de ces critères en retraçant le cycle de vie des appareils électroniques produits au sein de l’Union européenne en 2019, de leur phase de fabrication, en passant par leur distribution et leur utilisation, jusqu’à leur mise au rebut.

On apprend notamment que la majorité des impacts environnementaux du numérique interviennent pendant la fabrication (54 %) et que 82 % des déchets sont générés au cours de cette phase. Les impacts environnementaux les plus importants concernent la production d’appareils tels que les smartphones, ordinateurs et télévision (71 %), soit beaucoup plus comparé à ceux émis par les centres de données (18 %) ou le réseau (11 %).

Après celle de fabrication, c’est la phase d’utilisation des appareils numériques qui pèse le plus lourd en termes d’impact environnemental (44 %). Les technologies numériques utilisées en Europe représentent à elles seules 40 % du budget soutenable des émissions de gaz à effet de serre de l’Europe, tandis que près de 10 % de la consommation électrique européenne est consacrée aux technologies numériques.

Le numérique n’est pas une source renouvelable

Le message envoyé par cette étude est sans doute le suivant : le numérique n’est pas une source renouvelable et il est urgent de tendre à plus de sobriété, dont le principal pilier consiste à allonger la durée de vie des appareils. « Si l’on considère l’impact environnemental au niveau des ressources, il existe des limites physiques à ne pas dépasser, dans un secteur d’activité où le recyclage n’est que partiellement possible », pointe l’étude.

« Cette étude met en évidence l’impact retentissant du numérique et du secteur informatique sur notre environnement. Elle déconstruit l’idée que le monde numérique est léger et dématérialisé « virtuel », « dans les nuages » – et qu’il n’a aucun impact sur le monde physique », commentent les auteurs du rapport.