Les arbres fruitiers veulent retrouver leur place dans le paysage bruxellois

Les arbres fruitiers veulent retrouver leur place dans le paysage bruxellois
Belga / N. Maeterlinck

« Bruxelles, c’est vraiment une ville très arborée. Mais pourquoi trouve-t-on partout des marronniers d’Inde, qui ne produisent rien de comestible et sont très salissants, plutôt que des châtaigniers ? À Caracas, on trouve des manguiers partout dans les rues de la ville. À Séville, ce sont des orangers. Alors pourquoi les fruitiers ont-ils déserté la ville chez nous ? », se demandait en juillet dernier Simon De Muynck, coordinateur au Centre d’écologie urbaine (CEU), dans les colonnes de la Libre Belgique. Le CEU est une ASBL qui « vise à augmenter la résilience de Bruxelles en dynamisant les innovations sociales qui s’y déploient ». Et un de ses projets est donc de comprendre la place que l’arbre fruitier peut avoir à Bruxelles.

Quels arbres sélectionner?

« On va essayer de comprendre ce qu’il se passe autour des arbres fruitiers. Quels sont les bons usages et les mauvais usages. Est-ce qu’il y a des fruits qui ne sont pas cueillis ou, à l’inverse, qui sont cueillis trop tôt », indique par exemple Pierre Lacroix, accompagnateur de recherche au CEU. Le but est aussi de découvrir quels arbres auront le plus de facilité à se développer dans les différents espaces que l’on retrouve dans une ville, qu’il s'agisse des trottoirs, des squares, ou encore des parcs. Alors que l’impact du changement climatique représente un des enjeux principaux de ce 21e siècle, ARBRES étudiera également la capacité des arbres fruitiers à s’adapter à ce changement climatique. Pour cela, la plantation d’espèces exotiques par rapport à ce que l’on retrouve généralement chez nous sera étudiée. Mais cela ne veut pas dire que les espèces propres à notre région seront oubliées. Poires, pommes, cerises… Tous ces fruits devraient toujours avoir leur place chez nous dans le futur.

Un projet sociétal

À côté de ce volet écologique, ARBRES présente aussi un véritable projet social centré sur les citoyens. Les initiateurs à la base de ce projet se sont en effet rendu compte qu’il existait une certaine méconnaissance des citoyens et des administrations lorsqu’on parle des opportunités apportées par les arbres fruitiers. Pourtant, eux aussi bénéficieraient d’une présence accrue d’arbres fruitiers dans leur ville. À l’heure actuelle, rien n’est encore gravé dans la roche car ce seront les usagers qui définiront les conditions de redistribution des fruits. Mais rien n’empêche que, dans le futur, ces fruits soient transformés en de nouvelles denrées alimentaires, comme de la confiture ou du jus, qui seraient par la suite redistribués dans les différents quartiers bruxellois. Avec une attention toute particulière pour ceux comptant de nombreux logements sociaux.

Et la Wallonie?

En Wallonie, pas de projet ARBRES, mais bien le challenge Yes We Plant. Son objectif ? Planter 4.000 kilomètres de haies, ou un million d’arbres, d’ici la fin de la législature en région wallonne. Pour atteindre son objectif, la Wallonie a augmenté ses moyens budgétaires en faisant passer le budget global des subventions à la plantation de 300.000 à 1,2 million €, et l’objectif est de parvenir à 2 millions à la fin de la législature. « Le montant des subventions octroyées pour la plantation de haies vives, de taillis linéaires et d’alignements d’arbres, ainsi que pour l’entretien des arbres têtards et la plantation d’arbres fruitiers a notamment été fortement revu à la hausse », a indiqué la ministre régionale de l’Environnement, Céline Tellier. À titre d’exemple, le montant accordé pour la plantation d’un arbre fruitier passe de 12 à 25 € ; celui pour la plantation d’un mètre de haie mono-rang de 3 à 5 €. À l’heure actuelle, environ 330 kilomètres de haies et 190 arbres ont été plantés.