Comment ces crapauds se sont adaptés pour renforcer leur chance de survie dans la nature

Ph. corridor91 / Getty Images©
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De nombreuses espèces animales dont l’habitat ou l’environnement est modifié par l’activité et le changement climatique réagissent par un fort stress qui se peut se traduire par des phénomènes physiologiques. C’est par exemple le cas des mouches à fruits mâles qui se reproduisent moins à cause de la hausse des températures liée au changement climatique. D’autres animaux comme les chauves-souris ou les perroquets modifient la taille de leurs appendices tels que leur queue, leurs oreilles ou encore leur bec pour les mêmes raisons.

Une méthode étonnante pour survivre

Mais une espèce protégée de crapauds, connue sous le nom sonneur à ventres jaunes, est au contraire parvenue à développer une méthode étonnante pour survivre à l’empreinte anthropique sur leur habitat naturel. Une équipe internationale de scientifiques a étudié cette espèce protégée de 67 populations à travers l’Europe sur une période de 25 ans.

Leurs travaux publiés dans la revue PNAS démontrent que dans un habitat modifié par l’être humain, les crapauds connaissent un vieillissement accéléré et ont un taux de survie plus faible à l’âge adulte, que lorsqu’ils évoluent dans un environnement préservé de la main humaine. Mais les scientifiques ont toutefois fait une découverte à laquelle ils ne s’attendaient pas : dans les habitats modifiés par l’être humain, la surmortalité des crapauds adultes est compensée par une augmentation de la reproduction.

Le « recrutement compensatoire »

« Ce mécanisme, appelé recrutement compensatoire, assure en moyenne la viabilité à long terme des populations. L’une des hypothèses avancées pour expliquer ce phénomène est la baisse du risque de prédation sur les têtards, induite par les perturbations humaines », expliquent les chercheurs. Cette méthode permettrait notamment à ces populations d’amphibiens de persister même dans des paysages fortement modifiés.

« Nos résultats indiquent que le recrutement compensatoire permet aux populations de crapauds de rester viables dans les habitats dominés par l’humain et pourrait faciliter la persistance d’autres populations animales dans ces environnements », encouragent les scientifiques.