Comment se déroule une étude clinique et comment y participer??

Comment se déroule une étude clinique et comment y participer??

Le mois passé, dans la première partie de notre dossier, nous vous avions expliqué en quoi consistait la recherche clinique de Phase I, l'importance des participants et la manière dont leur sécurité était assurée. Aujourd'hui, nous allons vous décrire comment se déroule concrètement une étude clinique.

Comment ça se passe??

Le but des essais cliniques de Phase I est d'étudier l'assimilation d'un nouveau médicament par le corps et de surveiller ses effets. Cela passe entre autres par des prises de sang, des échantillons d'urine, des électrocardiogrammes, des mesures de la tension artérielle, un monitoring cardiaque…. La majorité des études cliniques sont résidentielles, ce qui veut dire que le participant est résident à la Pfizer Clinical Research Unit (PCRU), sur le campus universitaire d'Erasme, à Bruxelles. La durée varie en fonction de l'étude, mais, en général, le participant reste une ou deux semaines dans l'unité. Tout est fait pour rendre cette expérience aussi confortable que possible. Ainsi, les participants peuvent se connecter à un réseau Wi-Fi et apporter des bouquins, leur smartphone, leur tablette ou leur PC portable.

L'unité de recherche clinique bruxelloise de Pfizer compte 72 lits. Si les chambres sont collectives (mais chaque lit dispose d'un poste de télé individuel), les participants bénéficient de nombreuses commodités. «?Il y a un cybercafé avec des ordinateurs à leur disposition, ainsi qu'une salle plus calme consacrée à la lecture et au repos. Nous avons aussi des jeux de société, un kicker et même une salle de home cinéma?», détaille le Dr Isabelle Huyghe.

Les participants peuvent avoir accès à une terrasse, mais ils n'ont pas l'autorisation de sortir de l'unité pendant la durée de l'étude clinique. Cependant, même si cela reste encadré, ils ont la possibilité de recevoir de la visite. Enfin, la PCRU possède un restaurant. «?Les participants sont soumis à toute une série de restrictions alimentaires. Ils ne peuvent pas prendre de l'alcool, de stimulants comme du café, du thé ou des boissons énergisantes, ni même de chocolat ou de pamplemousse. Ils ne sont pas non plus autorisés à faire de l'exercice physique important. Tout cela pourrait avoir une influence sur le médicament. Les repas sont calculés en fonction de l'étude, mais les participants ont la possibilité d'avoir un menu végétarien si l'étude le permet?», explique le Dr Huyghe.

Qui peut participer??

La Pfizer Clinical Research Unit de Bruxelles accueille des personnes aux profils divers. «?Nous avons besoin de participants en bonne santé, qui ont plus de 18 ans et qui ont du temps à nous consacrer. Les gens qui ont de gros problèmes d'allergie ou des pathologies lourdes ne peuvent pas prendre part à des études cliniques?», annonce le Dr Isabelle Huyghe. «?Nos participants sont une photographie de la population belge. Nous avons des hommes et des femmes de 18 à 65 ans, voire plus pour certaines études. Ce sont aussi bien des étudiants que des gens qui travaillent ou des retraités?», ajoute-t-elle.

Pour participer à une étude clinique, il suffit de s'inscrire sur le site www.brusselscru.com/fr ou d'appeler le numéro de téléphone gratuit 0800/13.13.8. Un entretien téléphonique permettra de vérifier si vous êtes apte à participer. Si tel est le cas, vous serez inscrit(e) dans la banque de données de l'unité.

«?Les gens intéressés sont inscrits dans une banque de données et reçoivent des propositions de participation à une étude qu'ils sont libres d'accepter ou de refuser. En cas d'intérêt, ils viennent à l'unité et nous leur expliquons en quoi consiste l'étude en question. S'ils sont d'accord, ils signent un consentement éclairé. Ensuite, ils doivent passer un examen de sélection, c'est-à-dire un électrocardiogramme, une prise de sang, un examen urinaire, et parfois des tests beaucoup plus spécifiques si c'est nécessaire. Tous les résultats sont alors revus par un médecin, qui valide ou non leur participation à l'étude?», indique le Dr Huyghe, tout en rappelant que les normes de sécurité sont vraiment très strictes et qu'en bientôt 30 ans d'existence, la Pfizer Clinical Research Unit de Bruxelles n'a jamais eu à déplorer d'effets secondaires graves ou d'incidents tragiques.

Pas seulement une question d'argent

Les motivations pour participer à une étude clinique sont multiples. Bien sûr, il y a l'aspect pécuniaire. «?Les participants sont bloqués chez nous et ne peuvent pas travailler. Ils reçoivent donc une rémunération qui est en moyenne de 184 € par jour. Comme il s'agit d'une aide à la recherche, ce montant n'est pas taxé. Nous participons aussi aux frais de déplacement. Les candidats ont l'avantage d'avoir un check-up complet lors de la sélection?», souligne le Dr Huyghe. «?Mais ce n'est pas seulement une question d'argent. Certains souhaitent aider la recherche clinique à trouver un remède contre une maladie qui a frappé des membres de leur famille. Les personnes plus âgées, en général, font cela par pur altruisme. Elles ont du temps libre qu'elles mettent au service du bien d'autrui. Enfin, d'autres personnes considèrent cela comme une aide à la société?», met en évidence Isabelle Huyghe.

Envie d'en savoir plus?? Rendez-vous le mois prochain, le 9 novembre, pour découvrir le témoignage d'un participant d'une étude clinique

Comment participer à une étude clinique??

Envie de participer à une étude clinique et de faire progresser la médecine?? Appelez le numéro de téléphone gratuit 0800/13.13.8 ou surfez sur www.brusselscru.com/fr.

La compensation financière dépend de plusieurs facteurs, dont la durée du séjour dans l'unité, située à Bruxelles. Elle s'élève à 184 € par jour en moyenne et est considérée comme une aide à la recherche (non soumise à l'impôt). Les frais de déplacement sont également pris en charge.

Pour participer, il faut avoir 18 ans et répondre à une série de critères qui varient en fonction de l'étude clinique. Actuellement, la Pfizer Clinical Research Unit (PCRU) est à la recherche d'hommes en bonne santé âgés de 18 à 55 ans, de femmes sans potentiel de grossesse, de personnes en surpoids, de sujets chinois et japonais, de patients atteints de stéatose hépatique non alcoolique (aussi appelée «?maladie du foie gras?» ou «?maladie du soda?»), de drépanocytose, d'arthrose, d'insuffisance hépatique ou de diabète.