Le nouveau phénomène de la pop française Poupie sort «Enfant-roi», son premier album très attendu

Le nouveau phénomène de la pop française Poupie sort «Enfant-roi», son premier album très attendu
Ph. Poupie x Lorieux

Depuis toute petite, on t’appelle Poupie. Est-ce une sorte de facette, d’alter ego, ou est-ce que c’est toi à 100 % ?

Poupie  : « C’est complètement moi, ce nom me colle à la peau depuis que je suis née. Mes identités artistique et personnelle ne sont pas si éloignées, donc cela faisait sens de garder le même nom. Je n’ai pas toujours su que j’allais me diriger vers la musique, mais c’est sûr que c’est indissociable : je suis Poupie au travail et dans la vie. »

Comment as-tu commencé à chanter ?

« Quand j’étais toute petite, avant 10 ans, j’ai commencé à apprendre le piano de façon autodidacte et j’ai chanté dans la foulée. Ça ne m’a jamais quitté, mais ça n’a jamais pris trop de place non plus. Un jour, j’ai ressenti que la musique, c’était là où je devais être. Je me suis donné une année pour m’y consacrer, et si cela ne portait pas ses fruits, je pensais passer à autre chose. Finalement, je n’ai jamais arrêté depuis. »

L’album s’appelle « Enfant roi », un nom qu’on utilise pour désigner un enfant tyrannique. Est-ce l’image que tu voulais évoquer ?

« Cela n’a rien à voir évidemment. J’avais décidé ce nom que j’adorais, mais on m’en a dissuadé à cause de sa connotation négative. Je me suis dit que je voulais redéfinir le concept. Un roi est une personne qui exerce un pouvoir sur les autres et qui a beaucoup de responsabilités. L’enfant est insouciant, il n’a peur de rien et est spontané. De nombreuses choses éloignent ces deux êtres mais ce qui les rassemble, c’est que l’on attend beaucoup d’eux. L’Enfant roi, c’est un roi qui va régner avec une âme d’enfant. »

Durant ton enfance, tu as beaucoup voyagé. Est-ce que c’est quelque chose tu as bien vécu ou que tu regrettes car tu n’as pas eu de point d’ancrage ?

« D’un côté, j’ai beaucoup appris de tout ce que j’ai vu et de toutes les personnes que j’ai rencontrées. De l’autre, ce qui te reste après 18 ou 20 déménagements, c’est toi. Il faut apprendre à s’aimer et à être à l’aise avec soi-même pour devenir sa plus grande force. Le point d’ancrage que j’ai, c’est mon imagination, ça me poursuit au quotidien et c’est même devenu une sorte de réalité. »

Est-ce que de par ton parcours, tu te reconnais dans « Louise & Thelma », deux personnages auxquelles tu consacres un titre de l’album ?

« La liberté au sens pur est parfaitement dépeinte dans ce film de Ridley Scott. À plus grande échelle, c’est un concept qui me définit et cela m’a parfois joué des tours. À l’école, je ne rentrais pas dans le cadre. Toutefois, on ne m’a jamais non plus mis des bâtons dans les roues, parce que mes enseignants ont toujours vu que ce n’était pas quelque chose de volontaire. J’ai eu cette chance, que d’autres n’ont pas. »

Comment est-ce que la liberté que tu chéris se retrouve dans l’album ?

« Ce que j’écris, c’est ma vie, donc c’est presque un risque d’en parler car je me mets à nu, mais je ne sais pas faire autrement. Heureusement, j’évolue constamment, cette image change très vite. Cela me permet de relativiser la prise de risque, puisque mon identité n’est déjà plus exactement la même. »

À côté des nombreux sons festifs de l’album, on retrouve aussi quelques balades plus personnelles. Qu’apportent-elles à « Enfant roi » ?

« Tous les morceaux sont personnels, même quand ils sont dansants. C’est beaucoup plus intense et beaucoup plus intime quand je me livre plus et quand je n’habille pas les morceaux, ce qui crée un lien direct avec le cœur de l’auditeur. Si on veut raconter ce qu’on est, même les parties les plus sombres et profondes, c’est indispensable d’enlever les artifices. »

La reprise des concerts fait un bien fou à tous les artistes. Qu’est-ce que ça représente pour toi ?

« Il n’y a rien de mieux que de se produire sur scène, c’est l’essence de notre métier. Aujourd’hui, on dispose des réseaux sociaux pour communiquer avec notre public, mais la vraie connexion, la plus pure que l’on puisse avoir, c’est le lien que l’on a en concert. Je me rends compte que le métier d’artiste est beaucoup moins égocentrique que ce que l’on pense, quand je vois ce que je partage avec le public sur scène. »

Sébastien Paulus