Pourquoi les trotinettes électriques sont-elles un problème sanitaire majeur?

Pourquoi les trotinettes électriques sont-elles un problème sanitaire majeur?
Belga image

Dans un rapport publié en novembre 2022, l'académie nationale de médecine s'est émue des risques que comporte ce mode de déplacement, dont l'essor récent s'explique notamment par la multiplication d'offres d'engins en location.

En 2022, 22 décès accidentels dus aux engins de déplacement personnel motorisés – qui réunissent, outre la trottinette électrique, le monoroue, le gyropode et l'hoverboard – ont été répertoriés sur le territoire français, contre dix décès en 2019, relève l'académie, citant des chiffres de la sécurité routière. Et si ces chiffres concernent nos voisins, les mêmes problèmes sont rencontrés en Belgique.

Une réglementation inadéquate

"Une réglementation tardive par rapport aux avancées technologiques et médiocrement observée par les usagers, ajoutée à un environnement souvent mal adapté", ont rendu le développement des trottinettes électriques "chaotique et source d'une accidentalité croissante", poursuit l'académie.

Parmi les blessures fréquentes, les lésions affectent principalement l'extrémité crânio-faciale et les membres, plus particulièrement le membre supérieur.

Ces localisations des blessures résultent d'une chute en avant qui rend la tête, bras et avant-bras très exposés.

Le crâne est ainsi plus souvent atteint dans les accidents de trottinette que dans les accidents de vélo où la chute se produit latéralement (74% contre 43%).

De nombreux risques encourus

"Les principaux risques encourus en cas d'accident sont le traumatisme crânien ou les blessures au visage, les fractures, des lésions cutanées qui peuvent laisser des cicatrices, des fractures des dents, du nez, mais aussi de la clavicule, du bras et de l'avant-bras", précise à l'AFP Gilles Bagou, anesthésiste réanimateur au samu de Lyon.

Auteur d'un rapport en 2021 sur les traumatismes consécutifs aux accidents de trottinettes dans le Rhône, M. Bagou souligne que le nombre d'accidents a été multiplié par 7,3 dans ce département entre 2018 et 2019.

"En 2019, sur 1.200 accidents, 3% d'utilisateurs ont eu des blessures considérées comme graves et 12% des blessés ont dû être hospitalisés", détaille-t-il.

Des moyens de se protéger

"Il y pourtant des moyens de protection : le casque et les gants me paraissent indispensables sur un trottinette pour limiter la gravité du traumatisme", ajoute l'urgentiste.

Or le port du casque serait encore insuffisant.

Si 86% des propriétaires de trottinettes en mettent un, seul un loueur sur dix porte un casque, a montré une étude réalisée en 2020 pour la Fédération française de l'assurance.

En août 2022, la mort de deux adolescents Iris et Warren percutés alors qu'ils circulaient en trottinette dans le centre-ville, avait suscité une intense émotion à Lyon.

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