Comment éviter les vols dans les trains ?

Comment éviter les vols dans les trains ?
Ph. Police Fédérale

En tant que navetteur, ces derniers mois, j’ai assisté à plusieurs vols ou tentatives de vol. Chaque fois sur le tronçon Nord-Sud ou à l’approche des gares de Bruxelles-Schuman et Bruxelles-Luxembourg. Il faut dire que ces arrêts très rapprochés sont une aubaine pour les voleurs qui peuvent rapidement monter dans un train et en descendre quelques instants plus tard. Pour lutter contre ce fléau, voici quelques conseils et explications.

Des comportements suspects

Je n’en ai eu la confirmation que quelques minutes plus tard, mais avant chacune de ces tentatives de vol, j’ai d’abord été interpellé par un comportement suspect. À chaque fois, il s’agissait d’un ou deux hommes qui circulaient dans le wagon en regardant de près chaque siège et chaque passager. De toute évidence, ils n’étaient pas à la recherche d’une place et cela s’est confirmé quelques minutes plus tard.

L’un des cas de figure s’est déroulé un soir vers 20h dans un wagon pourtant rempli de passagers. Tout à coup, un voyageur a crié « hé, mon sac ». Quelques secondes plus tard, un homme passait dans l’allée, d’un pas pressé, avec dans la main un sac à dos qui n’était visiblement pas le sien. Devant l’agitation naissante parmi les passagers, il a lâché son butin du soir et est rapidement descendu avec son complice à l’arrêt qui arrivait.

Une autre fois, c’était entre la gare d’Etterbeek et de Bruxelles-Luxembourg. Un pickpocket faisait des allers-retours dans un train Desiro, à la recherche d’une victime. Il ne lui aura fallu que quelques secondes pour trouver sa cible : la veste qu’un voyageur avait laissée pendre au-dessus de son siège le temps d’aller aux toilettes. Le voleur a fouillé toutes les poches et il a ensuite eu vite fait de partir à l’arrivée du train en gare de Bruxelles-Luxembourg.

Plusieurs types d’approches

Pour arriver à leurs fins, les voleurs ont plus d’un tour dans leur sac. Voici une technique qui n’est pas connue de tous les voyageurs et qui est pourtant utilisée dans les gares belges. Lorsque votre train est à l’arrêt, redoublez de vigilance si, lorsque vous êtes installé dans votre siège, une personne tente d’attirer votre attention en toquant à la vitre du train. En effet, pendant ce temps-là, un complice à l’intérieur du train peut profiter de votre distraction pour emporter vos objets de valeur.

Autre technique, celle du « salisseur ». Une personne va « accidentellement » renverser un café, ou toute autre boisson, sur vous. Les auteurs vous proposeront ensuite leur aide pour nettoyer la tache et tenteront en même temps de vous faire les poches.

Enfin, une dernière technique bien connue est celle du « faux touriste ». Les auteurs se font passer pour des touristes à la recherche de leur chemin et demandent de l’aide vous tendant une carte. Ils profiteront alors de vos explications et du fait que vous ayez les deux mains sur la carte pour subtiliser vos effets personnels.

Ph. Police Fédérale

Ne leur laissez aucune chance

Les deux premiers exemples vécus permettaient déjà de tirer deux enseignements. Premièrement, quand vous montez dans le train, faites extrêmement attention à votre sac et évitez de le laisser en évidence vers l’allée centrale. Deuxièmement, ne laissez jamais votre veste, votre valise ou votre sac sans surveillance, même le temps d’aller aux toilettes.

La SNCB donne d’autres conseils : surveillez toujours vos bagages surtout si vous les placez dans les espaces de rangement, soyez sur vos gardes lorsqu’un inconnu vous aborde ou vous bouscule « par accident » et enfin, ne mettez pas votre portefeuille ou votre téléphone dans la poche de votre veste lorsque vous êtes dans le train. En effet, cela permet à une personne malintentionnée installée derrière vous de se servir un peu trop facilement.

Avec ces quelques conseils en tête, vous allez déjà pouvoir déjouer la plupart des pièges tendus par les pickpockets.

Ph. Police Fédérale

-> La Belgique particulièrement touchée

« L’ampleur du phénomène des vols à la tire et des vols à la sauvette est relativement importante. On en ignore les chiffres réels, mais on estime que le nombre de plaintes enregistrées devrait en fait être deux fois plus élevé. En Europe, la Belgique a l'un des taux les plus élevés de vols sans violence par rapport au nombre de voyageurs sur le réseau ferroviaire », explique la police fédérale.

-> Qui sont les auteurs ?

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il s’agit en fait de criminalité organisée, ou encore de « Mobile Organised Crime Groups (MOCG) », indique la police fédérale. « Ils en présentent les caractéristiques essentielles : des actions systématiques et systématisées, généralement commises par plusieurs personnes, en bandes, avec des rôles bien définis, dans le but de violer la propriété d’autrui et avec une dimension internationale en raison des cibles, du terrain d’action, des méthodes et des auteurs », détaille-t-elle.

-> Victime ou témoin, que faire ?

Si vous assistez à une tentative de vol ou que vous en êtes victime, la SNCB conseille de ne pas prendre de risque inutile et d’appeler, de préférence le plus rapidement possible, le numéro d’urgence de Securail au 0800/30.230 ou la police au 101. « Donnez une description claire de ce qui vous a été volé et éventuellement de l’auteur présumé. Essayez d’indiquer aussi précisément que possible l’heure et le lieu des faits, afin que la police puisse se servir des images de vidéosurveillance. Votre aide peut éviter que d’autres personnes soient victimes de vols le même jour ! », précise la police fédérale sur son site Internet.