Une exoplanète rare découverte par CHEOPS

Une exoplanète rare découverte par CHEOPS
AFP / E. Dunand

Une exoplanète est entrée par surprise dans le champ de vision du télescope spatial CHEOPS alors qu’il était en train d’observer un système planétaire situé à 50 années-lumière de la Terre. L’événement a permis de caractériser cette planète rare et sans équivalent connu.

Deux autres exoplanètes découvertes

Le système planétaire étudié par CHEOPS est situé dans la constellation du Loup (lupus en latin), autour d’une étoile appelée Nu2 Lupi, visible à l’œil nu. En 2019, des astronomes suisses avaient annoncé la détection de trois exoplanètes autour de cette étoile brillante, semblable au Soleil.

Ces trois exoplanètes ont des masses comprises entre celles de la Terre et de Neptune (17 fois la Terre) et mettent 12, 28 et 107 jours pour faire le tour de l’étoile, ont indiqué lundi les Universités de Genève et Berne dans un communiqué.

« Ce qui rend ces exoplanètes vraiment exceptionnelles, c’est que nous pouvons les voir passer juste devant leur étoile. On dit qu’elles ’transitent’», explique Yann Alibert, professeur d’astrophysique à l’Université de Berne (UNIBE) et co-auteur de l’étude, cité dans le communiqué.

« Nous le savions déjà pour les deux planètes intérieures, c’est d’ailleurs ce qui nous a conduit à pointer CHEOPS vers ce système en premier lieu. Cependant, la troisième planète est assez éloignée de l’étoile, personne ne s’attendait à voir son transit », ajoute le chercheur. En effet, plus la planète est éloignée de son étoile, moins elle a de chances de transiter.

Visible à l’œil nu

C’est la première fois qu’une exoplanète ayant une période de révolution de plus de 100 jours – ce qui correspond à une distance de l’étoile entre celles de Mercure et de Vénus par rapport au Soleil – peut être repérée autour d’une étoile suffisamment brillante pour être visible à l’œil nu.

« En raison de sa période relativement longue, la quantité de rayonnement stellaire atteignant la planète est faible par rapport à la plupart des exoplanètes connues. Moins une planète reçoit de rayonnement, moins elle change au fil du temps. Par conséquent, une planète suffisamment loin de son étoile pourrait avoir conservé plus d’informations sur son origine », note David Ehrenreich, professeur à l’Université de Genève (UNIGE) et scientifique de la mission CHEOPS, qui a cosigné l’étude.

Jusqu’à présent, les quelques exoplanètes de ce type découvertes par les astronomes tournent autour d’étoiles peu lumineuses, les rendant difficiles à étudier. Pas cette fois : « Comme son étoile hôte est brillante et assez proche de nous, elle est plus facile à analyser. Cela en fait une cible en or pour une étude future, sans équivalent connu », souligne David Ehrenreich.

Prochaine étape : les étudier avec des instruments plus grands

« Maintenant que nous savons que les trois planètes transitent et que nous avons mesuré avec précision leurs propriétés, la prochaine étape consiste à les étudier avec des instruments plus grands et plus puissants que CHEOPS, comme le télescope spatial Hubble ou son successeur, le télescope spatial James Webb. Ils pourraient révéler d’autres détails, tels que la composition de l’atmosphère », conclut David Ehrenreich.