Un ancien colonel démonte l’invasion en Ukraine en direct à la télévision russe: «Le monde est contre nous»

Un ancien colonel démonte l’invasion en Ukraine en direct à la télévision russe: «Le monde est contre nous»
Ph. Twitter

Voilà une intervention qui va totalement à contre-courant de la propagande du Kremlin sur la guerre en Ukraine. Mikhail Khodaryonok, un ancien colonel soviétique à la retraite, a vivement critiqué l’invasion de l’Ukraine sur la télévision d’État. « Tout d’abord, je dois dire que nous ne devons pas nous voiler la face. Parfois des informations sont diffusées sur une certaine dégradation morale et psychologique des forces armées ukrainiennes, elles seraient au bord d’une sorte de crise de moral. Tout cela, tout simplement, est faux », a-t-il commencé.

« Le fait est que le niveau de professionnalisme d’une armée n’est pas déterminé par le nombre de personnes recrutées pour le service professionnel, mais par le niveau de formation du personnel, son moral et sa volonté de verser du sang pour la patrie. Le désir de protéger sa patrie, dans le sens où il existe en Ukraine, il existe vraiment là-bas, ils ont l’intention de se battre jusqu’au dernier homme », poursuit-il.

La Russie isolée

Alors que le président Vladimir Poutine continue d’affirmer que les sanctions à l’encontre de son pays n’affectent pas la Russie, Mikhail Khodaryonok s’est montré beaucoup moins optimiste. Il pointe par exemple que la Russie est plus que jamais isolée d’un point de vue géopolitique. « Nous détestons l’admettre, mais le monde entier est virtuellement contre nous. C’est une situation dont nous devons sortir ».

Il a finalement appelé les autorités russes à faire preuve de « réalisme » car « un jour ou l’autre la réalité historique nous frappera si fort que nous le regretterons ».

Ce n’est pas la première fois que l’ancien colonel émet des réserves quant à la guerre en Ukraine. Avant le début du conflit, il assurait déjà que la Russie se lançait dans un combat bien plus sanglant et long que ce qu’elle espérait. C’est par contre la première fois que la propagande russe est autant critiquée à la télévision d’État.