Tout le monde s’emballe pour le métavers… sauf les consommateurs

Tout le monde s’emballe pour le métavers… sauf les consommateurs
Ph. Shutterstock

On ne parle plus que de ça – ou presque. Dans de nombreux domaines, dont la mode, les marques ont foncé tête baissée dans la folie du métavers explorant rapidement ce fameux champ de tous les possibles, entre NFT, cryptomonnaies, et biens virtuels. On ne pourra pas leur reprocher, mais cette expérimentation semble aujourd’hui en décalage avec les usages et les attentes des consommateurs, davantage en quête d’expériences d’achats hybrides que d’une totale plongée dans ce monde virtuel encore inconnu. C’est ce que révèle une nouvelle étude menée par Censuswide pour Productsup*, qui tend à montrer que les biens virtuels ne présentent pas (encore) d’intérêt particulier pour la majorité des consommateurs.

Le virtuel au service du réel

À ce stade, les consommateurs recherchent des solutions virtuelles qui permettraient d’améliorer leurs expériences d’achats physiques. La complémentarité entre les deux mondes semble être la clé pour profiter pleinement du métavers. D’après l’étude, 44 % des consommateurs seraient prêts à acheter un produit dans le métavers si ce dernier offre (vraiment) des expériences similaires à la vie réelle. Il s’agirait notamment d’utiliser des lunettes de réalité augmentée pour visualiser des produits virtuels dans le monde physique. Un chiffre qui grimpe à 67 % pour le public espagnol, mais qui chute à 33 % pour les Danois et les Britanniques.

Le public attend également du métavers qu’il lui permette de faire des achats plus rapidement que dans la vie réelle, à hauteur de 47 %. Là encore, on s’aperçoit que les Espagnols sont particulièrement friands de ce type d’expérience (71 %) au contraire des Danois 32 %), tandis que les Français se situent dans la moyenne (44 %). Si les NFT et la mode virtuelle relèvent encore de l’exception pour le commun des mortels, il apparaît que les consommateurs sont malgré tout en quête de rareté. Plus de quatre sondés sur dix (44 %) apprécieraient de passer une commande dans le métavers si cela lui permet d’accéder à un produit physique qui n’est pas encore disponible.

Une difficile compréhension du métavers

S’il est synonyme d’expériences totalement futuristes pour certains, le métavers n’est pas (encore) perçu comme un monde innovant par le public. Près de trois répondants sur dix (27 %) ont même affirmé s’attendre à une expérience similaire à celle du monde physique. Et lorsqu’on les questionne sur leurs attentes en matière de monde virtuel, les consommateurs identifient effectivement des pratiques qui se rapprochent d’un quotidien bien ancré dans le réel, à savoir un assistant virtuel avec davantage d’informations sur les produits (26 %), des informations plus enrichissantes et dynamiques sur ces mêmes produits, davantage de personnalisation (25 %), et des transactions plus rapides (24 %). Rien qui ne soit lié, en somme, à un quelconque avatar, des biens virtuels, ou des NFT.

À cela s’ajoute ce fameux fossé générationnel qui ne cesse de se creuser au rythme des innovations technologiques. La Gen Z, qui passera le cap de l’âge adulte en même temps que l’avènement du métavers, est près de deux fois plus susceptible de faire un achat dans ce nouveau monde que les 55 ans et plus, et est par extension bien plus curieux de découvrir les infinies possibilités offertes par le métavers que leurs aînés.

Une expérience de shopping hybride

S’ils ne sont pas encore totalement conquis par le métavers, les consommateurs ne le rejettent pas totalement non plus. Au contraire, ils souhaitent multiplier les expériences dans les mondes physiques, numériques, et le métavers : un shopping hybride et complémentaire à travers ces trois dimensions. À ce titre, près de la moitié des sondés (47 %) aimerait une application mobile qui fournit davantage d’informations sur les produits pendant leur séance de shopping physique, et 42 % souhaiteraient profiter de la réalité augmentée et virtuelle en ligne pour projeter leurs achats dans la vie réelle. Plus concrètement, il s’agirait par exemple de visualiser de futurs meubles dans son logement avant de passer à la caisse.