Quelques chiffres impressionnants qui montrent le monstre sacré qu’était la reine Elizabeth II

Quelques chiffres impressionnants qui montrent le monstre sacré qu’était la reine Elizabeth II

Monarque constitutionnelle très occupée, cheffe d’État, cheffe du Commonwealth, elle avait un rôle strictement apolitique et largement cérémoniel, même si c’est officiellement la reine qui, au Royaume-Uni, nomme le premier ministre, habituellement le chef de la majorité à la chambre des communes.

Elle a aussi validé durant son règne quelque 4.000 projets de lois en leur accordant la « sanction royale » – une formalité puisqu’aucune sanction royale n’a été refusée depuis 1708 – et d’innombrables nominations officielles.

Pendant ses 70 ans de règne, elle a aussi ouvert chaque année, à trois exceptions près, la session annuelle du Parlement, événement solennel à la pompe multiséculaire. Assise sur son trône, elle y lisait d’une voix monocorde le programme législatif du gouvernement, qu’elle n’avait pas rédigé.

Elle a reçu aussi presque chaque semaine le premier ministre, qui venait la tenir au courant des derniers développements. Elle pouvait « l’encourager et le mettre en garde », mais jamais s’opposer à ses décisions. Elle en a connu 15, de Winston Churchill à Liz Truss.

21.000 engagements

Elle était aussi cheffe des armées et gouverneure suprême de l’Église anglicane.

Dernière souveraine planétaire, infatigable globe-trotteuse au service de la couronne britannique, elle a voyagé dans plus de 110 pays et effectué plus de 150 visites dans les pays du Commonwealth, libre association de 54 États, à laquelle elle était extrêmement attachée.

Elle a fait au moins 42 fois le tour de la terre, a calculé le Daily Telegraph, estimant qu’elle avait parcouru au moins 1.661.668 km en dehors du Royaume-Uni. Son dernier voyage à l’étranger remonte à novembre 2015, à 89 ans. Elle avait ensuite demandé à son fils, Charles, de la représenter.

Elle a été aussi l’hôtesse de très nombreux dignitaires étrangers, à la faveur de 112 visites d’État au Royaume Uni.

Avant la Covid-19, elle recevait en moyenne chaque année quelque 139.000 personnes, entre « garden-parties », réceptions, dîners et remises de médailles, selon son bilan financier 2020-2021. Elle a assuré plus de 21.000 engagements durant son règne, selon Buckingham Palace.

Elle a aussi envoyé 300.000 courriers d’anniversaire à des centenaires et plus de 900.000 messages de félicitations à des couples célébrant leurs noces de diamant (60 ans).

Quotidien réglé

Et elle était particulièrement attachée à son traditionnel message de Noël, télévisé depuis 1957, qu’elle écrivait en grande partie.

Son quotidien habituel était réglé comme du papier à musique : réveil à 07h30, petit-déjeuner à 08h30, étude des dossiers gouvernementaux, transmis dans les fameuses boîtes rouges, à partir de 09h30, puis audiences individuelles en fin de matinée.

Après un déjeuner léger, elle aimait se promener seule dans les jardins et se détendre avec la lecture du Racing Post, la bible quotidienne des courses de chevaux, selon le Daily Mail.

Tous ses engagements de l’après-midi se terminaient avant l’heure du thé à 17h00. La reine travaillait encore une heure, puis se retirait dans ses appartements, où elle aimait regarder la télévision. Souvent, elle travaillait encore un peu sur ses « boîtes rouges », selon le quotidien.

Elle vivait depuis la pandémie de Covid-19 au château de Windsor à l’ouest de Londres, mais continuait à privilégier la résidence royale de Sandringham pour les fêtes et le château de Balmoral (Ecosse) en été.

Son rôle le plus important était « l’impartialité », selon Bob Morris, historien de la monarchie. Une impartialité sur laquelle elle n’a jamais transigé, ne laissant jamais transparaître la moindre opinion, ce qui conjugué avec son sens du devoir lui a valu de rester immensément populaire jusqu’à la fin.