On peut réellement mourir de chaud, mais à quelle température?

On peut réellement mourir de chaud, mais à quelle température?

Avec le dérèglement climatique, les vagues de chaleur sont de plus en plus fréquentes et intenses. L’être humain peut tolérer la chaleur jusqu’à un certain point. Mais avec l’accélération du changement climatique, ce seuil de tolérance risque désormais d’être franchi chaque année, et en plusieurs endroits du monde.

En réalité, la résistance humaine à la chaleur ne dépend pas de la température seule. Tout dépend du taux d’humidité dans l’air : une chaleur humide peut être mortelle à 37ºC, tandis qu’une chaleur sèche sera supportable, même s’il fait près de 50ºC. C’est ce que les scientifiques nomment la « température du thermomètre mouillé », ou température humide.

Combinaison fatale

Au quotidien, notre corps travaille pour réguler sa température interne, en moyenne de 36,6ºC. En cas de fortes chaleurs, il produit de la transpiration. Si la chaleur est sèche, celle-ci va s’évaporer, avec un effet rafraîchissant pour le corps.

Mais en cas de forte humidité, l’air est déjà saturé en eau (en vapeur). Conséquence : le mécanisme d’évaporation de votre transpiration (et donc d’évacuation de chaleur) est bloqué. Et votre corps chauffe de l’intérieur.

En moyenne, il prendra un degré toutes les 45 minutes. En moyenne, les chances de survie sont compromises une fois que la température corporelle avoisine les 41ºC. Ça, c’est pour la température interne. Mais à quelle température extérieure ce phénomène intervient ?

Des seuils différents

Tout dépend donc de cette combinaison température/humidité. « La limite extrême au-delà de laquelle on ne peut plus survivre est 35-40ºC dans des environnements très humides, entre 40 et 45 ºC à 50 % d’humidité et au-delà de 50ºC dans des environnements très secs », précise Thibault Laconde, ingénieur spécialiste des risques climat, à Atlantico.

Si ce seuil est dépassé, la seule solution est de trouver un endroit plus frais. Dans le cas contraire, même à l’ombre, même bien hydraté et même en bonne santé : la chaleur peut être mortelle en quelques heures seulement.

Un phénomène amené à être récurrent

Les épisodes de chaleur inédits qu’ont connu l’Europe, l’Inde ou encore les États-Unis ont mis en évidence la dangerosité du dérèglement climatique pour la santé humaine. L’Inde ou le Pakistan ont déjà connu des décès en raison de la chaleur. Et selon les projections, ce seuil au-delà duquel il devient impossible de se rafraîchir devrait être atteint de plus en plus régulièrement, et dans des zones de plus en plus larges.

Une étude relayée par ProPublica indiquait que les États-Unis connaîtront des températures humides élevées d’ici 30 ans seulement. « D’ici 2050, certaines régions du Midwest et de la Louisiane pourraient connaître des conditions dans lesquelles il sera difficile pour le corps humain de se refroidir presque un jour sur vingt dans l’année », alertaient les chercheurs.

À défaut de ralentir le changement climatique, le monde va donc sérieusement devoir se préparer à affronter des chaleurs littéralement mortelles.