«Moins de 1% des utilisateurs ont recours à des moteurs de recherche éthiques»

«Moins de 1% des utilisateurs ont recours à des moteurs de recherche éthiques»
Ph. Courtesy of Karma©

Lilo, Ecosia, Preeska, YouCare, Ecogine… Que ce soit pour planter des arbres, soutenir des projets environnementaux ou soutenir la recherche médicale, les moteurs de recherche éthiquement engagés fleurissent sur internet. Un concept intéressant, qui séduit de plus en plus d’internautes, mais qui interroge du même coup sur la portée réelle de ce genre d’initiative. À quel point ces outils sont-ils engagés ?

Comment s’assurer de l’authenticité d’un outil de navigation web qui nous promet de réaliser une « bonne action » à travers son utilisation, sans tomber dans l’écueil du greenwashing ?

Yann Kandelman, co-fondateur de Karma, nous livre sa vision d’un moteur de recherche engagé.

Karma se lance dans le secteur déjà connu des moteurs de recherche engagés. Comment vous démarquez-vous des autres ?

Pour la plupart d’entre nous, naviguer sur un moteur de recherche est devenu une activité solidement ancrée dans notre quotidien. Pour nous, c’est donc un formidable « cheval de Troie » pour pouvoir sensibiliser à la crise de la biodiversité, et à la cause animale, dont les enjeux restent trop méconnus ou sous-estimés par rapport à ceux de la crise climatique.

Nous proposons également un service de « learn and act », avec du contenu en lien avec les causes que nous soutenons : articles, podcast, vidéos… Mais aussi des ressources pour agir et des guides pour des actions concrètes : devenir végétarien en un an, changer de fournisseur d’électricité, s’engager bénévolement dans une association, etc.

Vous avez choisi de vous lancer avec trois associations partenaires : L214, Notre Affaire à Tous et l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS), à qui vous reversez 50 % des bénéfices générés par Karma. Comment les avez-vous sélectionnées ?

Notre philosophie, c’est de prendre les problèmes à la racine. Par exemple faire du lobbying pour faire interdire la production du plastique, plutôt que pour financer des opérations de ramassage sur les plages. Bien sûr, ces deux types d’action sont nécessaires, mais chez Karma, nous préférons nous attaquer directement à la source.

Dans le prolongement de cette logique, nous nous sommes fixé des critères de choix précis pour sélectionner nos associations partenaires. Par exemple la pédagogie, comme le fait L214 en montrant qu’une autre alimentation est possible. Ou encore le droit juridique comme levier d’action pour mieux protéger la nature, qui sont plutôt les créneaux de Notre Affaire à Tous et de l’ASPAS.

Que répondez-vous à celles et ceux qui voient les moteurs de recherche alternatifs comme du greenwashing ? Selon vous, à quoi reconnaît-on un moteur réellement engagé ?

On constate en effet de plus en plus de promesses qui flirtent avec le greenwashing, que ce soit dans les projets proposés ou même dans la communication des marques, par exemple des constructeurs automobiles qui vous proposent de planter un arbre après que vous leur avez acheté une voiture !

Mais finalement, peut-être que l’information la plus importante est celle-ci : moins de 1 % des internautes ont recours à des moteurs de recherche éthiques. Dans le fond, peu importe quel moteur on utilise, car c’est déjà mieux dès l’instant où l’on se rend sur ces outils !

Et pour s’assurer qu’il ne s’agit pas d’une « arnaque », je pense que le premier bon réflexe est de s’informer. En général, plus il y a d’informations relatives à la démarche de l’entreprise, plus c’est gage de qualité ! Chez Karma, nous insistons beaucoup ce point. Sur notre site, vous trouverez une rubrique détaillée avec des données concernant notre impact numérique et environnemental, l’algorithme que nous utilisons ou encore les certificats de dons que nous délivrons à nos associations partenaires.