L’ONU demande des mesures radicales pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5ºC

L’ONU demande des mesures radicales pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5ºC
Ph. Unsplash

Ce rapport annuel, « United in Science 2021 », élaboré par plusieurs agences de l’ONU et des scientifiques associés, est diffusé quelques semaines avant la COP26, un nouveau sommet mondial sur le climat.

Selon le document, le changement climatique et ses conséquences ne cessent de s’aggraver, et la réduction temporaire des émissions de CO2 dans l’atmosphère entraînée par la pandémie de Covid-19 n’a pas ralenti le processus.

Rebond des émissions d’énergies fossiles

L’Accord de Paris de 2015 sur le changement climatique, signé lors de la COP21, appelait à limiter le réchauffement planétaire à moins de 2ºC au-dessus du niveau pré-industriel, et dans l’idéal à 1,5ºC.

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres estime que le rapport est « un diagnostic alarmant montrant à quel point nous avons dévié de la trajectoire » conduisant aux objectifs de l’Accord de Paris.

« Cette année, les émissions d’énergies fossiles ont rebondi, les concentrations de gaz à effet de serre continuent de monter, et des événements météorologiques graves dus à l’activité humaine ont affecté la santé, la vie et les moyens de subsistance sur tous les continents », écrit-il dans l’avant-propos du rapport.

« À moins de réduire immédiatement et à grande échelle les émissions de gaz à effet de serre, limiter le réchauffement à 1,5ºC sera impossible, avec des conséquences catastrophiques pour les populations et la planète ».

La COP26, prochain sommet de l’ONU sur le climat, se tiendra à Glasgow (Écosse, Royaume-Uni) du 31 octobre au 12 novembre.

Les températures augmentent

Les émissions de gaz à effet de serre ont atteint un pic en 2019, avant de baisser de 5,6 % en 2020 à cause des restrictions et du ralentissement économique liés à la pandémie. Mais à part le transport aérien et maritime, les émissions mondiales moyennes durant les sept premiers mois de 2021 ont quasiment retrouvé leurs niveaux de 2019.

Et d’après le rapport, les concentrations des principaux gaz participant au réchauffement – le dioxide de carbone, le méthane et le protoxyde d’azote – ont continué à grimper en 2020 et sur la première moitié de 2021. Globalement, la réduction des émissions en 2020 a probablement ralenti l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, mais l’effet a été « trop faible pour être distingué des variations naturelles » de ces concentrations, souligne le rapport.

La température moyenne globale entre 2017 et 2021 – en incluant les données moyennes de cette année jusqu’en juin – est estimée entre +1,06ºC et +1,26ºC par rapport à la période préindustrielle (1850-1900).

Un « moment critique » pour le monde

Le monde est à un « moment critique », et le rapport montre que « nous n’avons vraiment plus de temps à perdre », estime M. Guterres.

Le Canada a enregistré son record absolu de chaleur en juin, avec 49,6ºC à Lytton, en Colombie britannnique.

La vague de chaleur dans le nord-ouest du Pacifique fut certes un événement très rare, mais elle aurait été « virtuellement impossible sans le changement climatique provoqué par les humains », indique le rapport.

Quant aux graves inondations en juillet en Allemagne, le document estime que l’activité humaine « augmente la probabilité et l’intensité de tels événements ».

Le nombre de pays s’engageant vers un objectif zéro émission est encourageant, selon le rapport, car aujourd’hui 63 % des émissions mondiales sont concernées par ces objectifs, mais d’ici 2030 des actions de bien plus grande ampleur sont nécessaires pour pouvoir les atteindre.

« J’espère que tous ces problèmes seront abordés, et résolus, à la COP26 », selon M. Guterres, qui appelle tous les pays à s’engager à un objectif zéro émission d’ici 2050. « Notre avenir est en jeu ».