Le nombre de personnes souffrant de famine multiplié par six depuis la pandémie

Le nombre de personnes souffrant de famine multiplié par six depuis la pandémie
AFP / E. Ahmed

Selon le rapport, intitulé «Le virus de la faim se propage», 155 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire à un niveau de crise, soit 20 millions de plus que l’année dernière. En cause : les chocs économiques, exacerbés par la pandémie du coronavirus, mais aussi par l’aggravation de la crise climatique. Les prix alimentaires mondiaux ont aussi connu une hausse de 40%, la plus forte depuis plus de dix ans, en raison du chômage de masse et de la forte perturbation de la production alimentaire.

Les conflits restent la principale cause de la faim. Deux personnes sur trois en situation d’insécurité alimentaire critique vivent dans un pays en guerre ou en conflit. «On assiste aujourd’hui à une superposition des crises: conflits incessants, retombées économiques du Covid-19 et une crise climatique qui s’accélère, qui ont poussé plus de 520.000 personnes dans une situation catastrophique de famine», explique Gabriela Bucher, directrice exécutive d’Oxfam. «Au lieu de lutter contre la pandémie, les belligérants se sont affrontés, portant trop souvent le dernier coup à des millions de personnes déjà éprouvées par les catastrophes climatiques et les chocs économiques.» Fin 2020, 48 millions de personnes ont été contraintes à fuir leur foyer à cause des conflits et de la famine qui y règne.

Saté publique minée

La pandémie n’a pas ralenti les dépenses militaires mondiales, qui ont augmenté de 51 milliards de dollars, ce qui équivaut à six fois et demi ce dont les Nations unies auraient besoin pour mettre fin à la famine, pointe l’ONG. Des pays comme l’Afghanistan, l’Éthiopie, le Soudan du Sud, la Syrie et le Yémen, considérés comme les pires foyers de faim extrême dans le monde, continuent à être ravagés par les conflits. Depuis l’année dernière, ils connaissent une augmentation des niveaux extrêmes de faim. Dans un pays comme le Yémen, touché par les blocus, une crise du carburant, et une réduction de l’aide humanitaire, plus de la moitié de la population devrait être confrontée à un niveau d’insécurité alimentaire critique cette année.

En outre, la faim s’est intensifiée dans des pays à revenu intermédiaire tels que l’Inde, l’Afrique du Sud et le Brésil, qui ont été fortement touchés par les contaminations à la Covid-19. En Inde, la montée importante de ces infections a miné la santé publique et fait plonger les revenus, notamment des personnes vulnérables, comme les travailleurs migrants et les agriculteurs.

«Afin de stopper ces décès inutiles et d’empêcher des millions de personnes supplémentaires de sombrer dans l’extrême pauvreté et la faim, les gouvernements doivent endiguer la pandémie. Un vaccin pour tous n’a jamais été aussi urgent», insiste Gabriela Bucher.