La Russie moins forte qu’attendue dans les cyberattaques, selon des chefs militaires européens

La Russie moins forte qu’attendue dans les cyberattaques, selon des chefs militaires européens
Ph. Unsplash

« Nous étions assez sûrs qu’il y aurait un cyber Pearl Harbor » pour accompagner l’offensive terrestre, a estimé le général Karol Molenda, le commandant des forces polonaises de cyberdéfense, lors d’une table ronde au Forum international de la cybersécurité (FIC) de Lille (nord de la France). « Mais l’Ukraine était préparée, et a résisté aux attaques (cyber) de la Russie. Donc la leçon numéro 1 » de la guerre, « c’est qu’il est possible de se préparer pour un conflit cyber », a-t-il estimé.

Par ailleurs, la Russie est « forte pour attaquer, mais n’est pas si bonne en défense », a relevé le général, en évoquant les multiples cyberattaques qui ont touché le pays, venues notamment de groupes de hackers indépendants. Mais « nous devons nous rappeler » que la Russie a de fortes capacités en « action psychologique et informationnelle », qu’elle pourrait mettre en oeuvre contre les pays occidentaux, en particulier après les nouvelles sanctions, a-t-il averti.

« Pas très bien planifiées »

Le colonel Romualdas Petkevicius, du centre national de cybersécurité lituanien, a estimé que de toute évidence, « les Russes n’étaient pas prêts à faire une guerre coordonnée sur le plan physique et sur le plan cyber ». « Il y a actuellement des attaques cyber partout en Ukraine, mais je ne pense pas qu’elles soient très bien planifiées », a-t-il déclaré à l’AFP.

Le général Didier Tisseyre, le chef des forces françaises dans le domaine (Comcyber), a fait le même constat d’une déconnexion entre attaques informatiques et offensive militaire sur le terrain. « Peut-être qu’ils n’ont pas réussi à organiser cela comme ils le souhaitaient », et que leurs capacités « ne sont pas aussi fortes qu’on ne l’imagine », a-t-il indiqué. Mais l’analyse du conflit est d’autant plus compliquée que des groupes de hackers indépendants sont entrés dans la bataille, tandis que des entreprises comme Microsoft ou Starlink volaient également au secours de l’Ukraine, a-t-il également souligné.

Selon lui, « la conflictualité dans le cyberespace » aujourd’hui, c’est comme une coupe du monde de rugby « où toutes les équipes sont sur le terrain sans leur maillot distinctif. Le public est sur le terrain aussi, et là il faut empêcher que les essais soient marqués… »